À table

Piste de solution pour réparer l’horloge interne

Stress, horaires de travail et d’étude irréguliers et décalage horaire dû aux voyages d’affaires seront de retour avec la fin des vacances. Une découverte de chercheurs des universités McGill et Concordia pourrait toutefois permettre d’atténuer les effets de ces perturbateurs de sommeil sur la santé.

Les dérèglements des cycles d’éveil, de sommeil et d’alimentation peuvent faire sentir amoché, mettre de mauvaise humeur et causer des problèmes gastro-intestinaux. À long terme, ils pourraient entraîner des conséquences plus graves. «Ça pourrait avoir de l’incidence sur la dépression, l’obésité et même le cancer», confie Shimon Amir, professeur de psychologie à l’Université Concordia.

Avec son collègue Nahum Sonenberg, de la Faculté de médecine de l’Université McGill, M. Amir a étudié le fonctionnement de «l’horloge interne» humaine, une zone du cerveau qui règle le cycle de notre système pour qu’il corresponde aux cycles du jour. Elle fait en sorte, par exemple, que nous soyons fatigués le soir, que nous ayons faim le jour et que la température de notre corps baisse la nuit.

«Cette horloge est constituée de plusieurs cellules, qui ont chacune leur propre horloge. Ces dernières doivent être synchronisées pour que soit produit un signal cohérent au corps humain», explique M. Amir. Une petite protéine, appelée depeptide intestinal vasoactif (DIV), est essentielle pour qu’ait lieu cette synchronisation. Or, les recherches de M. Amir et ses collègues semblent démontrer qu’une autre protéine, la 4E-BP1, limite la production de DIV.

En supprimant la présence de la 4E-BP1 chez des souris, les chercheurs ont remarqué que ces dernières se remettaient deux fois plus rapidement du décalage horaire que les autres souris. Leur «horloge interne» résiste aussi beaucoup mieux à l’exposition constante à la lumière.

«Chez les souris, la 4E-BP1 a été enlevée par une manipulation génétique, raconte M. Amir. Mais dans le futur, on pourrait développer des médicaments qui ciblent cette protéine et diminue son effet.» On pourra donc peut-être prochainement prendre une nouvelle pilule pour se remettre de longues nuits d’étude ou de quarts de travail nocturne.

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