Montréal

Marie D. Martel: Plus de bibliothèques à Montréal

Photo: Daphné Caron/Métro

En gestion, l’approche ascendante consiste à questionner les employés de la base pour formuler des politiques qui répondent vraiment aux besoins de l’organisation. On estime qu’en étant directement sur le terrain, ces travailleurs sont les mieux placés pour cerner les problèmes. Par exemple, on demandera au réparateur de photocopieur comment améliorer la machine plutôt que de chercher des solutions seulement auprès des ingénieurs. Dans le cadre de la présente campagne électorale, nous nous sommes inspirés de cette approche en demandant à des employés de diverses structures de la ville ce dont Montréal aurait besoin selon eux.

En participant à l’organisation de Bookcamps à Montréal, cette bibliothécaire et blogueuse s’assure de donner du tonus à notre amour de la lecture.

Que feriez-vous si vous étiez maire de Montréal?
Ce qui est fait est déjà bien en termes de bibliothèques. Peu de gens savent que Montréal a l’un des plus bas taux de bibliothèques par habitant au Canada. Quand la fondation Carnegie a décidé d’offrir des bibliothèques publiques, au Québec, le clergé s’y est opposé parce qu’on allait y lire des romans. On a donc longtemps accusé un retard et ç’a eu beaucoup d’impact sur l’apprentissage. Aujourd’hui, rattraper ce retard est une priorité pour la ville. On construit des bibliothèques au rythme de une à deux par année.

Y a-t-il d’autres choses que les citoyens devraient savoir au sujet de votre métier?
J’ai peur que les gens trouvent ça beaucoup, autant de bibliothèques, mais il faut comprendre d’où on vient et à quoi ça sert. La bibliothèque, c’est un équipement territorial : au-delà d’un certain nombre de kilomètres, les gens n’y vont pas.

Comment pourrait-on améliorer votre travail?
En ajustant le nombre de bibliothécaires. Le prêt de livres, c’est une chose, mais un bibliothécaire, ça fait aussi de l’animation et de la médiation culturelle. Sinon, les livres restent sur les tablettes et meurent.

De qui devrait-on s’inspirer pour favoriser la fréquentation des bibliothèques?
Des pays scandinaves. Là-bas, ça fait déjà des années qu’on a compris que la bibliothèque devait être un tiers lieu, c’est-à-dire un espace de vie accessible et accueillant où les gens se réunissent de manière informelle. La bibliothèque, ça ne doit pas être l’endroit silencieux que ç’a la réputation d’être, mais un lieu de rencontre. Les nouvelles bibliothèques de Montréal s’en inspirent déjà. Par exemple, à Marc-Favreau, qui ouvrira en décembre, il y aura un café au centre de la bibliothèque, pour que les gens y passent du temps, un peu comme dans un Starbucks.

Comment peut-on favoriser la lecture chez les jeunes?
En s’inspirant du modèle YouMedia, de Chicago, basé sur l’interaction des jeunes avec les médias pour les encourager à lire. C’est pour réfléchir à ces questions-là qu’on organise des Bookcamps.

C’est quoi des Bookcamps?
Ce sont des rencontres qui réunissent plusieurs acteurs gravitant autour du livre et où on essaie de créer un écosystème du livre qui soit plus harmonieux. Le prochain aura lieu le 8 novembre au Théâtre aux Écuries. (bookcampmtl.org)

Série

Les opinions émises dans cette entrevue ne reflètent que la position personnelle du fonctionnaire et non celle de son organisation.

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