Les ventes de multiplex (2 à 5 logements) et de grands immeubles locatifs (12 logements et plus) ont baissé respectivement de 11% et de 2% dans le Grand Montréal.
Ces données présentées la semaine dernière par la Fédération des chambres immobilières du Québec (FCIQ) et par l’agence immobilière Multi-Logements Inc., lors du salon IMMO2014, confirment la fin de la période d’un marché qui avantageait les vendeurs.
Selon les données de la FCIQ, le stock de plex actuellement à vendre est à son plus haut depuis cinq ans et le nombre de jours moyen pour conclure une vente (86 jours) est le plus élevé depuis 2002. À Montréal, seuls trois secteurs avantagent encore les vendeurs de multiplex. Il s’agit du centre-ville, du Sud-Ouest et de Rosemont–La Petite-Patrie.
Autre constat, le parc locatif conventionnel a tendance à vieillir et devient de moins en moins rentable selon la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ). L’organisme dénonce le fait que les taux d’augmentation suggérés chaque année par la Régie du logement permettent de moins en moins aux propriétaires de compenser les hausses de taxes ou le coût des travaux.
«En conséquence, certains propriétaires refusent de faire des travaux, le parc vieillit, et il est petit à petit remplacé par des condos neufs en location où les loyers sont plus élevés», explique Hans Brouillette, porte-parole de la CORPIQ. Ce dernier craint la remontée des taux hypothécaires qui viendra encore aggraver la situation.
Certains préfèrent voir le verre à moitié plein. «Contrairement à ce que certains pensent, il n’y a pas de bulle immobilière, mais plutôt un ralentissement du marché. Compte tenu des faibles taux d’intérêts, c’est toujours le bon moment d’acheter, si on est capable de faire de bonnes analyses», clame Jacques Lépine, fondateur du Club d’investisseurs immobiliers du Québec (CIIQ) qui, depuis 13 ans, forme et informe les propriétaires d’immeubles locatifs du Québec.
Parmi les secteurs les plus payants, Patrice Ménard, président de Multi-Logements, cite le Mile-End, qui représente le plus grand nombre de transactions. D’après ses calculs, les quartiers Saint-Henri et Pointe-Saint-Charles offrent d’intéressantes perspectives de prise de valeur. «En 2013, on a aussi vu l’effet du pont de l’A25 sur des secteurs tels que ceux d’Anjou et de Montréal-Nord», ajoute-t-il.
Arrondissements sous la loupe
Selon les données compilées par la FCIQ grâce au système Centris:
- Les plex dans Rosemont se vendent le plus rapidement (63 jours en moyenne)
- Les plex dans Saint-Laurent se vendent le moins rapidement (107 jours en moyenne)
- La valeur d’un triplex sur le Plateau a été multipliée par 2,2 en 10 ans
- Les condos du Sud-Ouest et de Montréal-Nord ont pris le plus de valeur en 2013 (hausse de 3%)