Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, a confirmé à ses militants dimanche qu’il compte rester en poste jusqu’à la fin de son mandat en 2017.
Sa réflexion était déjà amorcée lorsque le maire Denis Coderre l’a nommé responsable politique du recouvrement de l’autoroute Ville-Marie, vendredi dernier.
«Je me suis demandé où je pouvais avoir le plus d’impact, malgré que je n’aie pas été élu maire (…) et puis il y a eu ce beau projet qu’on m’a proposé. La décision à prendre était donc de rester», a-t-il lancé lors du discours de clôture du conseil général de Projet Montréal, dimanche à l’Université Concordia.
M. Bergeron a fait part à ses militants que l’idée de retourner sur les bancs d’école ou dans une firme d’urbaniste après son départ ne l’avait guère enthousiasmé lors de sa réflexion. «L’expression que j’utilisais, c’était « aller m’éteindre, aller finir de me consumer en dehors de la glace ». J’en suis venu à la conclusion que ce qui restait le plus intéressant humainement et professionnellement, c’était de demeurer en politique», a-t-il précisé en point de presse.
Richard Bergeron affirme toutefois qu’il ne sera pas candidat à la mairie de Montréal aux prochaines élections municipales en 2017.
Le chef de Projet Montréal avait annoncé, après les élections du 3 novembre dernier, qu’il quitterait son poste de chef au bout de 2 ans.
Plus d’une centaine de militants étaient rassemblés lors de son discours de clôture au conseil général du parti dimanche. Après avoir galvanisé les troupes par leurs réussites lors la dernière élection, M. Bergeron a aussi reconnu les bons côtés du maire Denis Coderre. «Il est «parlable». C’est un vent de fraîcheur par rapport à Gérald Tremblay», a-t-il lancé dans son discours, reconnaissant tout de même qu’«il [Denis Coderre] aura l’occasion de faire des erreurs».
Autant le chef de Projet Montréal que ses militants reconnaissent actuellement l’ouverture de Denis Coderre sur la nomination de M. Bergeron au titre de responsable politique du recouvrement de l’autoroute Ville-Marie. «Nous sommes contents pour M. Bergeron, et nous reconnaissons cet acte non-partisan de la part de M. Coderre. Mais il doit également comprendre que Projet Montréal n’est pas prêt à s’affaiblir pour autant comme opposition à l’hôtel de ville», a fait savoir Pierre Lessard-Blais, militant et membre du comité de direction de Projet Montréal.
Le conseil général de Projet Montréal a permis aux militants de s’exprimer sur la dernière élection municipale et de proposer des nouvelles idées. Une résolution visant la création d’un nouveau type de permis de spectacle mineur pour les petites salles a notamment été adoptée.
Recouvrement de l’autoroute Ville-Marie
Richard Bergeron a également donné plus de détails sur la chronologie des événements menant à l’annonce du recouvrement d’une partie de l’autoroute Ville-Marie.
Il y a quelques semaines, en caucus, les élus de Projet Montréal en étaient à préparer le prochain conseil municipal, explique M. Bergeron lors de son discours. Ils s’apprêtaient à présenter une motion comme opposition officielle pour demander ce recouvrement.
«Puis, l’une de nos élues s’éveille. Elle nous explique que le parti au pouvoir risque de se braquer inutilement face à notre projet, et il pourrait ne jamais voir le jour. Elle nous a alors proposé de donner le projet à Denis Coderre pour augmenter les chances qu’il se réalise», ajoute le chef de Projet Montréal.
À peine entré dans le bureau du maire pour lui proposer l’idée, M. Bergeron a la surprise : «Je suis content que tu viennes me voir, voulais justement te parler de l’autoroute Ville-Marie», lui dit le maire.
M. Bergeron apprend par la suite que Denis Coderre s’est procuré les documents de Projet Montréal sur le recouvrement de l’autoroute Ville-Marie après leur conférence de presse sur le sujet au mois de juillet dernier. Depuis, il songeait à mettre sur pied ce projet.
Denis Coderre a proposé à Richard Bergeron de devenir responsable politique de ce projet il y a près de trois semaines. Ce n’est que vendredi dernier qu’ils ont rendu publique la décision lors d’une conférence de presse conjointe.
