Montréal

Lutte à l’agrile: accord sur le fond, pas sur la forme

Les élus de l’île de Montréal s’entendent sur la nécessité de mettre en place une stratégie commune pour lutter contre l’agrile du frêne, mais des divergences subsistent sur les moyens d’y parvenir.

Le responsable de l’environnement à la Ville de Montréal, Réal Ménard, s’est déclaré satisfait du sommet sur l’agrile du frêne, qui s’est tenu lundi et qui réunissait tous les maires d’arrondissement et des villes défusionnées.

«Tous les élus de l’île de Montréal se sont entendus pour [mettre en place] une stratégie commune de dépistage et de traitement», a déclaré M. Ménard, qui a toutefois convenu qu’il n’a pas été en mesure de convaincre les élus de l’agglomération de régler ensemble et de façon solidaire la facture qui s’élèvera à plusieurs dizaines de millions de dollars.

Cette stratégie a jusqu’ici permis à Montréal d’éviter le mauvais sort de plusieurs villes de l’Ontario, comme Ottawa et Toronto, qui ont fait une croix sur quasiment tous leurs frênes. Mais en conférence de presse, M. Ménard a dû admettre qu’aucune somme supplémentaire n’a été débloquée.

«Les sommes en jeu se chiffrent en dizaines de millions de dollars. Le gouvernement du Québec et le Montréal inc. doivent être associés», a-t-il déclaré, en promettant de faire les démarches nécessaires.

Ces démarches ont déjà été entamées sans réel succès a rétorqué le parti Projet Montréal, qui demandait le déblocage d’un fonds d’urgence annuel de 10M$ pour les 200 000 frênes publics montréalais. «Ce sommet est un échec, car M. Ménard n’a déposé aucune offre sur la table et qu’il est arrivé mal préparé», a déclaré Sylvain Ouellet, l’élu de Projet Montréal qui porte le dossier.

Il déplore notamment que M. Ménard n’ait pas déposé de proposition de règlement pour que la Ville puisse intervenir sur les terrains privés, un règlement qui est pourtant en gestation depuis environ un an.

«À quelques exceptions près, les élus de l’Ouest-de-l’île (NDLR: les villes défusionnées), sont contre l’idée de réglementer et de faire de ce dossier une compétence d’agglomération», a rétorqué M. Ménard, qui a ajouté que Projet Montréal a très peu avancé dans ce dossier pendant qu’il était à la tête de l’environnement dans l’administration de transition mise en place après la démission du maire Michael Applebaum.

Le service du contentieux étudie néanmoins les possibilités qui pourraient pousser les citoyens à ne pas laisser un frêne infesté sur leur terrain. «D’autres menaces pointent aussi à l’horizon, comme le longicorne asiatique, qui lui, s’attaque à l’érable», a conclu le Conseil régional de l’environnement de Montréal qui appelle les élus à prendre leurs responsabilités.

Où loge l’agrile?
Selon les données préliminaires, les arrondissements les plus touchés sont:

Mais la prolifération serait bien plus étendue. Près de 300 frênes ont été coupés dans Rosemont.

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