Montréal

Plainte des policiers de Montréal pour dénoncer la fermeture de salles de tir

SPVM

Le quartier général du SPVM.

Insatisfaite du nombre de salles de tir disponibles, la Fraternité des policiers de Montréal a déposé lundi une plainte à la Commission des relations de travail pour ordonner à la Ville de corriger la situation.

La Fraternité déplore la fermeture, en 2013, des quatre salles de tir servant à la qualification des policiers de Montréal. Ces salles étaient alors contaminées par le plomb.

Le syndicat dénonce, dans un communiqué envoyé lundi, que «le SPVM et la Ville [n’aient] prévu aucune alternative à ces fermetures», alors que les quatre salles de tir sont restées fermées en 2013 et 2014. La salle de tir de la région ouest a été rouverte à l’été 2014, nuancent toutefois les policiers.

«Une majorité de policiers de Montréal ont été privés de toute forme d’entraînement dans le maniement des armes de service à partir de ce moment», déplore la Fraternité.

La location d’un champ de tir extérieur à Laval est toutefois offerte aux policiers, «lequel est très loin de fournir à la demande», soutient le syndicat.

«Je n’ai pas d’inquiétude en terme de formation continue pour nos policiers présentement, a réagi le maire de Montréal, Denis Coderre, lundi. S’il y a des gestes à poser par la suite, on regardera. Mais déjà [Marc] Parent, [directeur du SPVM], a les choses bien en main.»

La Fraternité des policiers soutient qu’en conséquence de cette situation, le taux de qualification des policiers de Montréal dans le maniement des armes de service était, à la fin de l’année 2013, d’environ 5%. Selon le Guide des pratiques policières du ministère de la Sécurité publique du Québec, tous les policiers qui reçoivent une arme doivent se requalifier chaque année en fonction des normes de l’École nationale de police du Québec.

En mars dernier, la Fraternité a transmis par huissier au directeur du SPVM une mise en demeure pour exposer la situation. Le SPVM a adopté le mois suivant un plan d’action pour pallier à cette fermeture des salles de tir. «Toutefois, lorsque la Fraternité a analysé ce plan, elle a constaté qu’il était déjà obsolète et impossible à réaliser», indique le syndicat.

«On comprend qu’il y a une relation tumultueuse entre le président du syndicat et son directeur. On va régler ça devant la commission des relations de travail. On va toujours être à l’écoute de la question de la formation des policiers», a poursuivi M. Coderre.

En septembre, la Ville avait également trainé ses policiers devant la Commission des relations de travail, alléguant qu’il existait une baisse significative du nombre de constats d’infraction délivrés depuis le début des moyens de pression contre le projet de loi 3.

La Fraternité rappelle les conclusions du coroner Jean Brochu qui, en 2012, recommandait au SPVM de «prendre les mesures nécessaires pour que son personnel policier bénéficie des meilleures conditions d’entraînement au tir, incluant le tir en situation de stress, sous la forme de sessions d’entraînement.» Cette recommandation avait été incluse dans le rapport publié à la suite de la mort de Mario Hamel, qui a été atteint mortellement par des coups de feu tirés par un policier de Montréal.

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