Montréal

Les bouchons de circulation? On vous l'avait dit!

Selon plusieurs études, le plus grand impact écologique qud’un bâtiment peut avoir est relié au lieu où il sera situé. S’il est situé près d’un métro, comme le sera la Maison du développement durable, les économies d’essence des utilisateurs du bâtiment peuvent dépasser toutes les autres mesures d’efficacité énergétique mises en place lors de la construction.

Malheureusement, la majorité des nouveaux bâtiments au Québec sont construits à des endroits plus ou moins accessibles en transport en commun ou en transport actif. Pour cause, il y a encore un manque criant d’infrastructures et de services de transport en commun.!

La situation chaotique sur le réseau routier montréalais des dernières semaines n’est pas du tout surprenante.  Ce n’est pas de gaieté de cœur que je le dis, mais je clame quand même: ON VOUS L’AVAIT DIT! En effet, cela fait des dizaines d’années que des groupes écologistes comme Équiterre, le Conseil régional de l’environnement de Montréal, ainsi que des experts en urbanisme et en transport prédisent que le modèle du tout à l’auto finira par faire mal aux citoyens, aux entreprises et aux municipalités du Montréal métropolitain.

La vision que ces groupes proposent est simple: investissons dans le transport en commun et le transport actif et facilitons l’utilisation de ces modes beaucoup plus efficaces en milieu urbain.

Un exemple éloquent: sur la voie réservée aux autobus du pont Champlain, on déplace 20 000 personnes à l’heure de pointe, ce qui équivaut au nombre de personnes qui se déplacent sur les trois voies réservées aux voitures.

Or, depuis 15 ans, le parc automobile de la gGrande région de Montréal a augmenté d’un million de véhicules. Aujourd’hui, nous avons des infrastructures routières coûteuses, en état de décrépitude et qu’il faut réparer de manière urgente ainsi que des bouchons monstres qui se poursuivront, malheureusement, pour plusieurs années.

Les centaines de millions de dollars investis pour le nouveau pont de la 25 entre Montréal et Laval n’onta fait qu’aggraver le problème. Nous pouvons maintenant faire entrer plus de voitures sur l’Ile de Montréal; l’autoroute 40 et les autres artères de la Ville sont donc d’autant plus congestionnées. Quelle drôle de vision!

Les ingénieurs du Ministère des Transports ont tendance à penser que la circulation automobile se comporte exactement comme de l’eau dans un tuyau. Si le tuyau est trop petit, va l’adage, l’eau finira par déborder ou trouver un autre chemin; il faut donc constamment agrandir le tuyau. Va pour un liquide comme l’eau ou même le pétrole, mais pas les humains!

Or, il y a des êtres humains dans les autos! On applique donc au problème du trafic une science physique alors qu’il faudrait plutôt user de psychologie! Les automobilistes, contrairement à des gouttes d’eau, ont en effet la capacité de faire des choix: co-voiturer, marcher, pédaler, patiner, prendre le métro, sauter dans l’autobus, combiner l’auto au train, télétravailler, déménager ou même changer son horaire de travail.

En fait, selon les experts, les deux facteurs qui influencent le plus les décisions de déplacements des personnes sont le temps et, dans les cas des automobilistes, la disponibilité d’un stationnement.

Une amie habite St-Hilaire et travaille au centre-ville de Montréal. Son parcours en auto, sans trafic, est d’environ 45 minutes. Évidemment, si elle n’a pas d’alternatives comparables, elle va continuer de prendre sa voiture, même si le temps de déplacement augmente à une heure quinze, voire 2 deux heures comme ce fut le cas récemment. Lorsqu’une alternative se présente (comme un train de banlieue ou un autobus rapide) avec un temps de parcours de 45 minutes, celui- ci devient alléchant et plusieurs, dont l’amie en question, opteront pour cette alternative (libérant ainsi de l’espace sur les routes pour ceux qui n’ont pas d’autre choix que de prendre leur voiture).

En conjuguant les transports collectifs rapides et confortables à une politique visant à limiter le nombre de places de stationnements, on améliorera les déplacements des usagers du transport en commun tout en facilitant les déplacements des automobilistes.

En 2011, le temps est venu de construire des écoles, des hôpitaux, des magasins des théâtres, des bureaux et des maisons plus écologiques. Et cela signifie, en tout premier lieu, de les situer près des stations de trains de banlieue, des voies réservées aux autobus, des sorties de métros et des pistes cyclables.

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