L’automne prochain, nous organiserons une grande fête pour souligner l’ouverture de la Maison du développement durable. On fera visiter la Maison aux citoyens. On y présentera des conférences et des ateliers. Et, surtout, on lèvera notre verre à ce nouvel outil pour le mouvement environnemental québécois.
Évidemment, les grands de ce monde y seront aussi invités pour couper le ruban. Enfin! Ceux qui nous ont aidés à construire cette maison : le ministre de l’Environnement du Québec, le maire de Montréal, les PDG des grandes entreprises donatrices, les leaders des groupes écologiques et sociaux, etc.
Il y aura toutefois un absent notoire : Peter Kent.
Qui est Peter Kent? Il s’agit du ministre canadien de l’Environnement. La plupart d’entre vous ne le connaissent sûrement pas. Vous ne pourriez sans doute même pas le reconnaître dans la rue. En fait, c’est un nouveau venu (nommé en janvier 2011) et, de ce fait, un poids plume dans le nouveau conseil des ministres de M. Harper.
Il est donc invisible, comme l’est son ministère depuis trop longtemps. Bien sûr, on annonce, de temps en temps, un nouveau parc. Mais sur le fond, sur les vrais enjeux comme les sables bitumineux, les crédits d’impôt pour les pétrolières et, surtout, les changements climatiques, ce ministère est invisible.
En dépit de plusieurs approches, le gouvernement fédéral a systématiquement refusé de soutenir le projet de la Maison du développement durable.
On pourrait se dire, «tiens, tant pis pour lui. Il va manquer une belle opportunité de se faire voir au Québec». Mais on oublierait alors que Peter Kent est censé représenter les intérêts de l’environnement en notre nom. Il est censé se battre pour que des projets comme celui-ci se multiplient partout au pays. Après tout, c’est l’argent de NOS impôts que gèrent les gouvernements et l’environnement est constamment parmi le top 5 des enjeux qui nous préoccupent le plus.
Ce n’est pourtant pas l’argent qui manque. Entre 2008 et aujourd’hui le gouvernement a dépensé des milliards de dollars en projets d’infrastructures pour relancer l’économie. Un p’tit peu d’argent pour un projet écologique phare n’aurait-il pas été possible? Semblerait que non. Du moins, pas à Montréal, où les conservateurs n’avaient aucune chance de gagner un siège….
Pourtant, le gouvernement du Québec et la Ville de Montréal ont jugé qu’il était pertinent d’investir dans un projet du genre. Aussi, ils se trouvent en bonne compagnie, puisque tous les pays de l’OCDE investissent massivement pour faire émerger une nouvelle économie verte basée sur le transport durable, l’efficacité énergétique, l’énergie renouvelable et les bâtiments écologiques. Tous les pays… à l’exception du Canada!
Le gouvernement de Monsieur Harper sera au pouvoir jusqu’en 2015. On ne peut pas se permettre de ne rien faire en environnement au niveau fédéral pendant tout ce temps. Et si le passé est garant du futur, il faudra énormément de pression citoyenne pour que M. Harper donne à M. Kent le mandat d’agir.
Si l’on veut un vrai ministre de l’environnement à Ottawa – un ministre visible – il faudra trouver le moyen de se faire entendre.