Montréal

La grève au CP est terminée

La grève des 3300 syndiqués du Canadien Pacifique (CP) a pris fin lundi, moins de 48 heures après de son déclenchement.

La Conférence ferroviaire de Teamsters Canada (CFTC) a finalement accepté de poursuivre les discussions avec le CP dans un processus de médiation-arbitrage, a annoncé lundi après-midi, la ministre fédéral du Travail, Kellie Leitch. Les deux partis négociaient jusqu’à tout récemment devant le Service fédéral de médiation et de conciliation.

«Les détails sont en train d’être peaufinés, mais c’est une très bonne nouvelle pour les Canadiens et notre économie nationale», a déclaré lundi après-midi la ministre Leitch.

Les syndiqués du CP seront de retour dans les locomotives et dans les cours de triage mardi.

Dans la nuit de samedi à dimanche, la Conférence ferroviaire de Teamsters Canada a décidé de mettre fin aux discussions et de débrayer. Leurs membres, dont une proportion de 93% était en faveur de ce moyen de pression, réclament des horaires de travail plus décents. Ils refusent pour des raisons de sécurité que la durée de leur quart de travail passe de 10h à 12h, comme le demande le CP.

«Les enjeux [de sécurité] sont beaucoup trop importants aux yeux de nos membres pour être décidés par une loi spéciale, a dit par communiqué le président de la CFTC, Doug Finnson. Par conséquent, la meilleure option consiste à nous engager dans un processus juste de règlement du conflit par l’arbitrage.»

«Nous aurions préféré une entente négociée, mais c’est la bonne chose à faire», a indiqué pour sa part le président du CP, Hunter Harrison, par voie de communiqué.

Le conflit de travail a eu pour effet de ralentir le transport des marchandises et d’interrompre les services de train de banlieue à Toronto, Vancouver et Montréal. L’Agence métropolitaine de transport (AMT) a déployé une soixantaine d’autobus pour aider ses usagers qui utilisent normalement les lignes de train de banlieue de Candiac, de Saint-Jérôme et de Vaudreuil-Hudson à se déplacer. Habituellement, les syndiqués du CP opèrent les trains de ces lignes.

Le gouvernement fédéral s’apprêtait lundi à déposer une loi spéciale pour forcer les cheminots du CP à retourner au travail. La ministre Kellie Leitch justifiait cette intervention du gouvernement par les effets négatifs sur l’économie canadienne. Elle estimait que les pertes atteindraient près de 205M$ par semaine.

Le Nouveau Parti démocratique et la Parti libéral contestaient le dépôt de cette loi spéciale par respect pour le droit à la grève.

«Il faut laisser [les partis] négocier», a insisté le député néodémocrate de Rosemont–La Petite-Patrie, Alexandre Boulerice. Il s’appuyait notamment sur la décision récente de la Cour suprême qui jugé inconstitutionnelles une législation de la Saskatchewan qui restreignait le droit de grève.

Son collègue libéral, David McGuinty, a de son côté insisté pour dire que le gouvernement conservateur n’a pas pris «les mesures nécessaires pour renforcer la sécurité sur les chemins de fer, ce qu’a refusé d’admettre la ministre Leitch.

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