L’Agence métropolitaine de transport (AMT) souhaite que le Train de l’Est soit accessible aux personnes à mobilité réduite d’ici 2016.
Elle a pour ce faire élaboré un concept de quai haut rabattable qui permettra aux personnes en fauteuil roulant de monter à bord des trains. Un appel d’offres a été lancé la semaine dernière pour trouver une firme de génie qui peaufinera l’idée de quai haut rabattable et rédigera les plans et devis. Un prototype doit être testé dès cette année.
À l’heure actuelle, les personnes à mobilité réduite sont en mesure d’embarquer dans les trains de la ligne Mascouche à partir des gares de Terrebonne, Repentigny et Mascouche puisque les quais sont élevés, au même niveau que les portes des trains. Des mini-rampes d’accès sont déployées pour leur permettre de descendre ou de monter. Sur le reste du tronçon, qui appartient au Canadien National (CN), les quais sont bas, ce qui fait que la distance entre le quai et le plancher des trains est importante.
Les quais haut rabattables représentent une solution que l’AMT envisage de mettre en place sur la ligne Mascouche depuis plusieurs années. Des discussions laborieuses avec le CN l’a entre autres empêchée de rendre les nouvelles gares montréalaises du Train de l’Est universellement accessibles lors de leur ouverture, au mois de décembre.
«On a présenté un premier plan [au CN] et on est retourné sur la table à dessin, a expliqué la porte-parole de l’AMT, Fanie Clément Saint-Pierre. On leur a présenté un deuxième concept qui leur plaisait plus. On savait qu’on ne serait pas en mesure de les mettre en place lors de la mise en service de la ligne. Ça fait au moins deux ans qu’on avertit les associations qu’on a été retardé.»
Le CN exigeait que le quai rabattable ait une position précise pour éviter tout risque d’accrochage avec ses trains de marchandises.
Si les quais haut rabattables fonctionnent bien, l’AMT pourrait «éventuellement» en installer sur les quais bas de ses autres lignes. «Mais il y a beaucoup d’étapes à franchir avant d’y arriver», a précisé Mme Clément Saint-Pierre.
Près de 35M$ ont été investis par l’agence gouvernementale pour rendre les gares spécialement construites pour le Train de l’Est universellement accessibles. Des ascenseurs y ont notamment été installés. Ceux de la gare de Terrebonne doivent être mis en marche sous peu.
La présidente du Regroupement des activistes pour l’inclusion au Québec (RAPLIQ), Linda Gauthier, juge inacceptables les lacunes en matière d’accessibilité universelle dans les gares du Train de l’Est. Elle a elle-même récemment manqué un rendez-vous à Terrebonne à cause des ascenseurs de la gare qui ne fonctionnaient pas.
«Le Train de l’Est n’aurait pas dû ouvrir le 1er décembre parce qu’il ne servait pas toute la population. L’AMT aurait dû attendre que toutes ses gares soient accessibles», a dit Mme Gauthier. Cette dernière évalue présentement les possibilités pour faire valoir ses droits avec d’autres membres du RAPLIQ.
Seulement deux autres gares accessibles
Dans le reste de son réseau de l’AMT, seules la Gare centrale et celle de Longueuil–Saint-Hubert, qui se trouve sur la ligne Mont-Saint-Hilaire, sont accessibles pour les personnes à mobilité réduite.
- L’AMT n’a pas de plan pour le moment pour équiper l’ensemble de ses gares d’ascenseurs, contrairement à la Société de transport de Montréal qui planifie en installer dans neuf autres stations de métro d’ici 2020. Présentement, huit stations sont munies d’ascenseurs.
- «Les limites financières que l’on a font en sorte qu’on doit suspendre certains projets», a dit Fanie Saint-Pierre Clément. Cette dernière a aussi expliqué qu’il est plus difficile de rénover des gares existantes que de planifier l’accessibilité universelle dans une future gare.
- Dans son programme triennal d’immobilisation 2015-2017, l’AMT prévoit malgré tout consacrer 37M$ à l’accessibilité universelle. Ce montant servira entre autres à la réalisation d’études, à l’installation de tuiles surélevées pour les malvoyants et au rehaussement des quais de la gare Vendôme.
