Côte-des-Neiges & NDG

Côte-des-Neiges: vers la fin d’enseignes commerciales «de faible qualité»

Photo: Josie Desmarais

Inquiet de l’attrait de l’une de ses principales artères, l’arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce songe à interdire aux commerçants l’installation d’enseignes extérieures en toile, d’enseignes lumineuses et d’enseignes au sol.

«Dans l’état actuel, le chemin de la Côte-des-Neiges n’a pas une identité forte et l’expérience piétonne n’est pas toujours intéressante», mentionne l’arrondissement dans ses documents.

Pour le 375e anniversaire de Montréal, en 2017, le chemin de la Côte-des-Neiges a été reconnu comme tracé fondateur et fera partie d’un des «parcours découverte». L’arrondissement souhaite ainsi «mettre en valeur» ce chemin et lui «donner une nouvelle allure», comme l’a expliqué la conseillère Magda Popeanu au dernier conseil d’arrondissement.

Les élus songent donc à modifier un règlement pour obliger certains commerçants de l’artère à retirer les enseignes en carton plastifié ou en toile attachées au bâtiment ou comportant une structure visible, ainsi que les enseignes lumineuses, clignotante ou avec un message variable. Seules les lumières externes pourront illuminer les enseignes. Si ce nouveau règlement entre en vigueur, les gens d’affaires auraient droit à un délai de 12 mois pour s’exécuter.

Les enseignes au sol devraient également être retirées dans un délai de cinq ans, à l’exception de celles servant à la sécurité publique, celles desservant une station-service ou affichant les services offerts pour un immeuble de six étages et plus.

Ce projet de règlement vise uniquement les enseignes du chemin de la Côte-des-Neiges, entre la rue du Frère-André et le chemin de la Côte-Sainte-Catherine, ainsi que les avenues Gatineau, Lacombe et Swail.

Des enseignes posées sur une vitrine ne devraient pas occuper plus de 20% de la superficie de la fenêtre.

Une séance d’information s’est tenue le 25 mars dernier sur ce projet. Bien que 300 commerçants aient été invités, seulement sept s’y sont présentés.

«Ils étaient en faveur du retrait des enseignes de faible qualité, mais avaient des réticences quant au retrait de celles sur poteau en raison des coûts que peut engendrer la réfection du ciment», a rapporté Mme Popeanu, en faveur du projet, qui estime toutefois que l’arrondissement devrait les aider financièrement.

Elle ajoute que d’autres arrondissements ont déjà un règlement d’affichage du genre. «On n’a pas fait la révolution à Côte-des-Neiges, loin de là.»

Les élus de l’arrondissement n’ont fait jusqu’à maintenant qu’une première lecture du projet de règlement et une consultation publique sera mise sur pied prochainement sur la question. Les conseillers, dont certains anticipent les réactions négatives, tiennent à sonder un échantillonnage suffisant de résidants avant de prendre toute décision.

«Je pense que c’est le genre de dossier dans lequel il y aura plusieurs personnes fâchées, qui se demanderont ce qu’on fait. (…) Ce n’est pas un changement mineur. Ça affecte à long terme la vitalité du secteur et ça impose des obligations qui peuvent coûter cher aux commerçants», s’est inquiété le conseiller Marvin Rotrand au conseil d’arrondissement.

Tous les projets d’arrondissement qui requièrent un changement de règlementation doivent passer par une consultation publique.

«S’il y a un large consensus, il faudrait voir à élargir le règlement pour l’appliquer à tous les commerçants du chemin de la Côte-des-Neiges. Je suis mal à l’aise de le faire seulement pour une partie de l’artère. Je pense qu’il faut une vision globale», a ajouté le conseiller Lionel Perez.

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