Une trentaine d’intervenants prendront la parole dans le cadre de la consultation montréalaise sur le bannissement possible des sacs d’emplettes à usage unique qui se tient mercredi et jeudi à l’hôtel de ville de Montréal.
Outre l’aspect environnemental d’une telle mesure qui a déjà été prise dans plusieurs villes de la côte ouest des États-Unis, les sacs plastiques nuisent au bon fonctionnement mécanique des centres de tri. «Selon un intervenant de la ville de Portland, les blocages occasionnés par des sacs de plastique sont responsables du tiers des coûts associés à la main d’œuvre», peut-on lire dans le rapport commandé par la Ville de Montréal.
La consultation vise aussi à mesurer les possibles effets néfastes d’une mesure de bannissement sur la rentabilité des commerces. Mais les élus de la Commission sur l’eau, l’environnement et le développement durable veulent enfin évaluer si la bannissement n’entrainerait pas l’essor de solutions dommageables telles que l’utilisation de sacs de papier ou de sacs biodégradables dont la production est tout aussi énergivore.
Parmi les intervenants se trouvent pas moins de quatre associations de défense des commerçants. «Sans être totalement opposés à la mesure qui est intéressante d’un point de vue environnemental, on se demande s’il n’y aurait pas des solutions de rechange», déclare Martine Hébert, VP de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante.
Si l’étude de la ville mentionne que l’opposition des commerçants de Washington et Seattle s’est nettement atténuée depuis la mise en place de la mesure, Mme Hébert reste dubitative. «Les commerçants de Montréal ont déjà été rudement éprouvés par la mauvaise planification routière et les décisions en matière de stationnement. Les petits commerçants tels que les dépanneurs où les achats sont souvent impromptus craignent une perte deuchiffre d’affaires», selon Mme Hébert qui privilégie l’instauration d’un projet-pilote et d’une campagne de sensibilisation des consommateurs.
La consultation se termine jeudi avec six représentants de l’industrie du plastique. «Lorsque le Québec a mis en place une démarche de sensibilisation en 2008 […] le nombre de sacs de plastique a chuté de 52% en seulement de 2 ans, atteignant les objectifs visés deux fois plus rapidement que prévu», a déclaré par voie de communiqué Pierre G Dubois, conseiller principal développement durable de l’Association canadienne de l’Industrie du plastique.
«Dans ce contexte, il n’est pas surprenant que la majorité des Montréalais préfère la sensibilisation (55%) pour réduire le nombre de sacs de plastique, plutôt que d’en interdire la distribution (19%). Ils sont 22% à préférer l’ajout de frais supplémentaires pour chaque sac de plastique acheté», a ajouté M. Dubois en référence à un sondage CROP, réalisé il y a un mois.
Le Conseil régional de l’environnement de Montréal souligne que malgré la baisse d’utilisation des sacs plastiques traditionnels, il continue de s’en écouler un milliard d’unités par an au Québec. Selon la directrice générale du CRE-MTL, Coralie Deny. Le bannissement est nécessaire et pourrait débuter par les grandes surfaces avant de concerner les petits commerces». La mesure devrait aussi s’appliquer à tous les sacs d’emplettes à usage unique et les commerçants devraient exiger de leurs fournisseurs la recyclabilité des sacs d’emplettes réutilisables, selon elle.
Les recommandations devraient être connus cet automne. Le maire Denis Coderre a déjà indiqué qu’il était en faveur du bannissement des sacs d’emplettes à usage unique
