La Commission scolaire de Montréal (CSDM) discute avec le ministère de l’Éducation sur la possibilité ou non de reprendre les jours de classe annulés par les grèves des employés de l’État.
«Normalement, on doit respecter les 180 jours d’école du calendrier scolaire. On est en pourparlers avec le ministère pour voir ce qu’on peut faire», a indiqué à Métro mercredi la présidente de la CSDM, Catherine Harel-Bourdon. Elle a avoué être prise «entre l’arbre et l’écorce» dans le conflit de travail qui oppose le gouvernement à ses employés, mais qui touche aussi les enfants et les parents.
Avec la journée de grève de jeudi, les élèves fréquentant une école de la CSDM auront manqué trois jours de classe depuis le début de l’année. Celles-ci pourraient tripler d’ici le début du mois de décembre si les syndicats affiliés au Front commun et à la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) poursuivent leurs moyens de pression. Des débrayages auront notamment lieu les 16 et 17 novembre ainsi que les 1er, 2 et 3 décembre si aucune entente ne survient entre le gouvernement du Québec et les employés de la fonction publique au sujet du renouvellement du contrat de travail de ces derniers.
«Il ne faut pas que nos élèves soient pénalisés. Il y a presque le quart d’entre eux qui sont inscrits dans un programme de francisation, qui sont issus de l’immigration ou qui sont handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage. Ces élèves ont besoin des 180 jours d’école.» -Catherine Harel-Bourdon, présidente de la CSDM
Au contraire des jours de tempête de neige, les journées de débrayage ne peuvent pas être converties en journée pédagogique par les conseils d’établissement puisque la grève n’est pas considérée comme étant «des circonstances exceptionnelles», a expliqué Mme Harel-Bourdon.
Les directions d’école pourraient toutefois ne pas être tenues à respecter la disposition du Régime pédagogique de l’éducation préscolaire, de l’enseignement primaire et de l’enseignement secondaire voulant qu’«au moins 180 [journées] doivent être consacrées aux services éducatifs» dans l’année scolaire, a dit la présidente de la CSDM. Cette dernière a noté qu’il y a eu des exemptions par le passé, notamment à la suite de la tempête du verglas en 1998 et de l’évacuation d’urgence des écoles montréalaises en 2008 en raison de l’accumulation de neige sur les toits.
«Ce qui est important, c’est que les élèves passent à travers le programme scolaire, a dit Catherine Harel-Bourdon. Il y a des solutions qui sont envisagées. Je ne veux pas les élaborer pour le moment. On regarde les exigences du ministère et on va se concerter entre commissions scolaires. C’est important que partout au Québec, on ait le même nombre de journées d’école au total.»
«En ce moment, je ne peux pas vous dire s’il y a une voie qui est déterminée, a ajouté Mme Harel-Bourdon. Ça va être déterminé par le nombre total de journées de grève.»
La Fédération des commissions scolaires du Québec demeurera à l’écart de ses discussions puisque le calendrier scolaire doit «être négocié localement», entre les commissions scolaires et les syndicats d’employés, a fait savoir l’attachée de presse de la fédération, Caroline Lemieux. Cela n’empêchera pas les commissions scolaires de se consulter.
Quant au ministre de l’Éducation, François Blais, il suit la situation de près, a rapporté son attachée de presse, Julie White. Cette dernière a mentionné que les journées de classe perdues à cause de la grève ne peuvent être reprises. «Les jours de grève, ce sont des jours perdus. Les premiers perdants, ce sont les enfants», a-t-elle dit.
