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Les hôpitaux incités à allonger les heures de visite

Young woman touching her sick mother's cheek. Older woman with scarf on head sick on cancer Photo: Getty Images/iStockphoto

De plus en plus d’hôpitaux canadiens abandonnent les heures de visite strictes pour permettre aux familles de patients de participer de façon plus étroite aux soins de leurs proches, affirme la Fondation canadienne pour l’amélioration des services de santé (FCASS).

Dans le cadre de son programme Meilleurs ensemble, l’organisme indépendant encourage les centres hospitaliers à adopter de telles politiques et les accompagne en ce sens. Jusqu’à maintenant, cinq centres hospitaliers québécois ont adhéré au programme, dont le CIUSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal et le Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM).

Selon Armand Boudreau, conseiller en amélioration et formateur à la FCASS, inclure la famille dans le processus de traitement du patient apporte des bénéfices tangibles. «Des études démontrent assez clairement que lorsque la présence de la famille est encouragée, ça aide au traitement, ça évite des erreurs. La famille devient en quelque sorte les oreilles et la voix du patient, explique-t-il. Ça permet une participation plus grande du patient. On le considère plus comme un partenaire de ses soins que comme quelqu’un qui doit subir ce qui lui est prescrit.»

M. Boudreau admet que certains professionnels de la santé éprouvent de la réticence à l’idée d’avoir un membre de la famille dans la chambre du patient toute la nuit. Certains croient que cette présence pourrait être dérangeante pour les autres patients. «[Mais] quand on apporte de l’information, des données probantes, des études qui ont été menées à ce sujet, les professionnels réagissent habituellement assez bien», assure-t-il. Il ajoute que de telles politiques peuvent être mises en place sans consacrer de ressources additionnelles.

Anne-Marie Jacques, conseillère sénior en développement organisationnel, est gestionnaire du projet de planification et d’implantation de cette politique au nouveau CHUM. Elle est convaincue du bien-fondé de cette démarche.

«Il y a un virage qui se fait depuis les dernières années vers une approche plus humaniste à l’égard du patient. Ça encourage le partenariat avec le patient, mais aussi avec sa famille.» – Anne-Marie Jacques, conseillère sénior en développement organisationnel au CHUM

Le déménagement vers le nouveau mégahôpital présente une occasion de mettre en place ces nouvelles façons de faire, selon elle. Les 772 chambres privées du nouveau centre hospitalier comprendront toutes une «zone famille», avec un fauteuil inclinable et un éclairage indépendant. Des salles pour familles seront aussi aménagées à chaque étage.

«Si le CHUM demeurait ce qu’il est aujourd’hui, établi sur trois sites, avec seulement quelques chambres privées, ça serait un défi de taille, admet-elle. Le nouveau CHUM a été pensé en partie pour permettre ça.»

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