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Dépotoir nucléaire: une coalition dit non

Dépotoir nucléaire: une coalition dit non
Photo: THE CANADIAN PRESS/Sean Kilpatrick

OTTAWA — La sécurité des citoyens doit primer sur le coût du dépotoir nucléaire de Chalk River, écrivent trois groupes environnementaux dans un mémoire déposé à la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN).

Le Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement du Québec, la Fondation David Suzuki et Équiterre estiment que l’importance de la rivière des Outaouais qui fournit de l’eau potable à plusieurs municipalités québécoises «n’a pas été considérée à sa juste valeur» par les Laboratoires nucléaires canadiens.

Cette entreprise, qui gère les Laboratoires de Chalk River pour Énergie atomique Canada, projette de construire une «installation de gestion des déchets près de la surface» pour y entreposer jusqu’à 1 million de mètres cubes de déchets radioactifs de faible et de moyenne intensité. L’emplacement choisi sur le site de Chalk River se trouve à un kilomètre des berges de la rivière des Outaouais.

Le coût du projet dans son ensemble, de la conception à la construction, est estimé à 325 millions $.

«On semble privilégier une solution qui est moins coûteuse pour l’industrie nucléaire, mais au prix d’augmenter de façon sensible le risque pour la santé humaine ou pour l’environnement», a expliqué le directeur général de la Fondation David Suzuki pour le Québec, Karel Mayrand.

Le dépotoir servirait, entre autres, à disposer de façon sécuritaire de sols et de matériaux contaminés par la radioactivité depuis des décennies et qui se trouvent déjà à proximité de la rivière.

Les trois groupes environnementaux rejettent l’emplacement choisi pour le dépotoir et demandent qu’un organisme indépendant se penche sur la question de la gestion des déchets nucléaires au pays.

«On en est presque à 70 ans d’une industrie qui n’a toujours pas de solution à long terme pour ses déchets, a noté Karel Mayrand. Je ne connais aucune autre industrie qui est dans cette situation.»

Ils ne font pas confiance à la CCSN, qui est perçue comme étant trop près de l’industrie nucléaire. Cette commission doit effectuer l’évaluation environnementale du projet.

Leurs voix s’ajoutent à celle de la chef du Bloc québécois, Martine Ouellet, du Ralliement contre la pollution radioactive, la Coalition Eau Secours!, du Regroupement pour la surveillance du nucléaire de même que des organismes environnementaux de l’Outaouais.

Le ministre de l’Environnement du Québec, David Heurtel, a également fait part en mai de ses inquiétudes quant au risque de contamination de la rivière dans une lettre adressée au ministre fédéral des Ressources naturelles, Jim Carr.

Il a demandé qu’une portion des audiences publiques que mènera la CCSN dans le cadre de son évaluation environnementale se déroulent au Québec pour permettre aux citoyens touchés de se prononcer.

Un porte-parole des Laboratoires nucléaires canadiens n’était pas disponible pour commenter jeudi après-midi.

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