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Droit à l’affichage d’opinion: la coalition de la FTQ devant les tribunaux

Un mois et demi après le lancement de sa campagne « La CAQ et le PLQ: du pareil au même », la coalition de six syndicats de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) a annoncé jeudi qu’elle ira devant un tribunal pour clarifier la notion du droit à l’affichage d’opinion à l’extérieur des périodes électorales.

Rappelons que, pendant la saison estivale, en juillet et en août, ces six grands syndicats avaient fait beaucoup jaser pour leur campagne déployée peu avant le déclenchement de la campagne provinciale, de manière volontaire.

On pouvait y apercevoir deux visages en moitié-moitié, celui du chef caquiste François Legault et celui du chef libéral Philippe Couillard. «Libécaquiste, Caquibéral», pouvait-on y lire. Un slogan faisant référence au fait que les mentalités et les orientations sont les mêmes chez la CAQ et chez le PLQ, selon les syndicats.

«Avec cette campagne, on dit aux gens « réfléchissez ». Vous voulez du changement, mais les libéraux et la CAQ, c’est du pareil au même. On encourage les électeurs à appuyer des candidats progressistes», avait affirmé le président du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), Denis Bolduc, en entrevue au Métro à la fin juillet

La coalition a indiqué jeudi qu’elle déposera, le 4 septembre prochain, une requête pour jugement déclaratoire à la Cour supérieure, qui devra statuer sur la légitimité (ou non) du droit à l’affichage d’opinion. Il y a une semaine à peine, à la mi-août, la coalition avait été déboutée au stade de l’injonction interlocutoire provisoire.

Objectif «réussi»

Dans un communiqué paru mercredi en fin de journée, le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) a officiellement annoncé la fin de la campagne.

«Ça aura permis d’attirer l’attention du public et de générer une réflexion, alors que s’amorce la campagne électorale québécoise.» -Les porte-paroles de la coalition

Selon un sondage de la firme CROP commandé par la coalition et réalisé auprès de 2034 personnes, 51% des répondants dans l’ensemble du Québec et 78% dans les circonscriptions ciblées affirment avoir aperçu un au moins un élément de la campagne. «On est très satisfaits et fiers de la portée de notre campagne», indique-t-on à ce sujet. Ledit sondage a rejoint 14 circonscriptions ciblées.

De plus, 43% des personnes interrogées se sont dites «en accord» avec l’argument de la campagne, qu’est celui que «la CAQ et le PLQ, c’est du pareil au même». 24% des répondants ne se sont pour leur part jamais prononcés.

Malgré les «contraintes imposées par plusieurs villes», notamment à Québec et à Sherbrooke où des amendes ont été données aux syndicats, la coalition affirme «se féliciter» d’avoir pu projeter sa campagne aux quatre coins du Québec et d’avoir poussé la réflexion dans le corps électoral.

À Montréal, les syndicats avaient plutôt visé les districts électoraux de Laurier-Dorion et Pointe-aux-Trembles. L’administration Plante avait choisi de ne pas retirer les pancartes.

Et la suite?

Appuyée par près de 65% des Québécois sondés par la firme CROP, la coalition laisse entendre, dans sa missive, qu’elle ne s’arrêtera pas là, et qu’elle entend s’impliquer de front pendant la campagne électorale, et ce jusqu’au 1er octobre.

Trois enjeux ont notamment déjà été identifiés afin de mettre de la pression sur les partis politiques. «Pour nous, le salaire minimum à 15 $ et l’assurance-médicaments sont des mesures qui bénéficieraient à l’ensemble des Québécois. Nous allons aussi nous battre férocement contre toute proposition de baisse d’impôts qui passerait forcément par une privatisation de nos services et de nos sociétés d’État», indique la coalition.

N’ayant pas l’intention de «rester muette», le groupe dit cependant s’engager à respecter la loi électorale du Québec. «On confirme que le retrait de toutes les affiches et publicités sera complété.»

La coalition syndicale est formée de six groupes que sont le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), le Syndicat des métallos, le Syndicat des employées et employés professionnels-les et de bureau (SEPB), l’Association internationale des machinistes et des travailleurs et des travailleuses de l’aérospatiale (AIMTA), l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) et le Syndicat québécois des employées et employés de service (SQEES).

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