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Transport collectif: Le PQ réduirait les tarifs de 60% hors pointe

Stéphanie Marin, La Presse canadienne - La Presse Canadienne

LONGUEUIL, Qc — Le Parti québécois (PQ) offrirait du transport en commun moins cher: il propose de réduire les tarifs de 60 pour cent en dehors des heures de pointe, pour tout le monde et tous les moyens de transport.

Le chef Jean-François Lisée a annoncé le détail de cette proposition jeudi matin, à l’intérieur de la station de métro et d’autobus de Longueuil.

Cette mesure ne changera rien pour ceux qui achètent des passes mensuelles, a précisé le parti.

Mais elle incitera les autres — qui n’ont pas à se rendre au boulot ou à l’école selon l’horaire du 9 à 5 — à planifier leurs déplacements hors des heures de pointe, y compris la fin de semaine, pour bénéficier de la réduction. Cette mesure s’appliquerait partout au Québec.

Le PQ estime que cette proposition retirera 126 000 voitures des routes.

Quant à ceux qui n’ont pas le choix de prendre le bus, le train de banlieue ou le métro à 8 h et à 17 h, ce changement ne les touchera pas directement, mais bien indirectement, a soutenu le chef Lisée. Si les gens sont plus nombreux à effectuer leurs déplacements à d’autres heures, ceux qui n’ont d’autres options seront moins tassés comme des sardines dans le métro, et ils verront moins d’autobus à pleine capacité de passagers passer devant leur nez sans s’arrêter.

Et pour les usagers du transport collectif aux heures de pointe, d’autres mesures ont déjà été annoncées lors de la campagne péquiste pour soulager leurs déplacements, a précisé le chef Lisée. Il a notamment parlé de réduire le nombre d’utilisateurs de la très fréquentée ligne orange du métro de Montréal, «la pire», selon le chef.

«Nous, ce qu’on propose, c’est un tramway sur la rue Saint-Laurent, qui va doubler la ligne orange.» Les gens qui n’ont que de petites distances à parcourir vont l’emprunter et «ça va dégager la ligne orange».

Le PQ avait aussi auparavant proposé — parmi d’autres mesures de transport en commun — son intention de mettre en service un tramway qui relierait le métro d’Anjou au métro Radisson avant de se rendre jusqu’à la pointe de l’île pour faire une jonction avec le train de l’Est.

La formation politique veut aussi réduire l’achalandage des transports existants en favorisant le télétravail, l’autopartage et le covoiturage (ce que le parti a appelé son «Tinder» du covoiturage), a précisé M. Lisée.

Selon lui, de simplement réduire les tarifs pour tous de 50 pour cent, comme le propose Québec solidaire, n’aidera pas le problème de l’heure de pointe: le réseau est déjà saturé. «Ce serait contre-productif», affirme le chef.

Il incite par ailleurs les sociétés de transport à offrir des passes «hors heures de pointe».

Et puis cette mesure ne leur sera pas imposée. Les sociétés de transport décideront si elles l’adoptent: si c’est le cas, elles obtiendront des sous, a expliqué le parti. La mesure sera d’ailleurs financée à même l’enveloppe existante du Fonds vert.

Il s’agit du troisième volet du plan de transport du PQ, qu’il appelle le «Grand Déblocage».

M. Lisée a fait campagne jeudi sur la Rive-Sud de Montréal, notamment à Longueuil et Chambly. Il multiplie les entrevues à la radio et à la télévision en cette fin de campagne, et ce jeudi n’a pas fait exception.

Tapis rouge au théâtre

En soirée, le chef s’est rendu à la première médiatique de la pièce de théâtre «Les Fées ont soif», qui avait à l’époque de sa création créé une controverse monstre.

Sur le tapis rouge, la directrice artistique du Théâtre du Rideau Vert, Denise Filiatrault, s’est dite heureuse d’y accueillir le chef du PQ qu’elle admire et pour lequel elle dit avoir un immense respect.

«Je suis péquiste, a-t-elle dit. Péquiste un jour, péquiste toujours. Parce qu’ils sont sincères, parce qu’ils sont honnêtes, parce qu’ils connaissent leur métier. Quand il (M. Lisée) parle, il sait de quoi il parle, ça se sent et ça s’entend», a-t-elle expliqué.

À quelques jours du vote, le chef péquiste a dit qu’il trouvait important d’être présent pour la pièce, «qui a valeur de symbole». Car celle-ci avait été bloquée il y a 40 ans par les censeurs, a-t-il dit, en référence aux manifestations des jeunes catholiques, et à la menace du Conseil des arts de Montréal de ne pas octroyer de subventions au Théâtre du Nouveau si la pièce était présentée.

«L’art dérange parfois et il faut soutenir la liberté artistique, a déclaré M. Lisée. C’est un choix politique que je fais», a-t-il déclaré dans la foulée de récents projets théâtraux tombés sous la pression, Slav et Kanata.

Appelée à commenter la mince place accordée à la culture dans cette campagne, Mme Filiatrault a déclaré: «Ça c’est dommage. Peut-être qu’ils avaient autre chose à défendre aussi».

Le chef du PQ lui a alors mentionné que des artistes québécois étaient présents à toutes leurs soirées avec les militants et qu’il avait notamment proposé — entre autres mesures pour la culture — d’entamer des discussions avec les géants de la vidéo et de la musique sur demande — dont Netflix et Spotify — pour qu’ils augmentent le contenu québécois sur leurs vitrines.

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