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Couillard défend son candidat Guy Ouellette

Jacques Boissinot / La Presse Canadienne

Caroline Plante et Patrice Bergeron, La Presse canadienne - La Presse Canadienne

VICTORIAVILLE, Qc — Le chef libéral Philippe Couillard a refusé, jeudi, de dévoiler la teneur de la conversation qu’il a eue avec son candidat dans Chomedey, Guy Ouellette, accusé par la Coalition avenir Québec (CAQ) d’être une taupe.

Au Jour 36 de la campagne électorale, la pression était vive sur M. Couillard pour qu’il confirme l’information véhiculée par la CAQ, selon laquelle M. Ouellette a fourni des informations compromettantes sur le Parti libéral du Québec (PLQ) aux caquistes en 2016.

M. Couillard a d’abord expliqué, en matinée, à Saint-Prosper en Beauce, être incapable de rejoindre son candidat, car il ne retournait pas ses appels.

«Si je compose un numéro de téléphone et qu’il n’y a pas de réponse, je ne vois pas ce que je peux faire de plus, a-t-il lancé. Ce matin de bonne heure on a commencé à lui laisser des messages, hier soir également.»

Devant les journalistes, il a vanté «le dévouement, l’ardeur et la fougue» de M. Ouellette, avant de regagner son autobus de campagne et d’annoncer par le biais de son attachée de presse avoir réussi à rejoindre son candidat.

Relancé par les journalistes lors d’un arrêt à East Angus, en Estrie, M. Couillard a alors refusé de répondre aux questions et a tourné les talons.

M. Ouellette est-il une taupe? A-t-il admis les faits avancés par le chef caquiste François Legault, comme quoi il a trahi son propre parti? Et l’importance de la loyauté?

Pas plus de réponses de la part de M. Couillard à Victoriaville. «Ce qui est important, c’est la conclusion de notre conversation, (…) que M. Ouellette est entièrement tourné vers le succès électoral à Chomedey, à Laval et pour tout le Québec. Pour moi, c’est ce qui compte», s’est-il borné à répéter lors d’une brève mêlée de presse.

Jeudi soir, M. Ouellette n’avait toujours pas rappelé La Presse canadienne. Il avait confié au Journal de Montréal mercredi se sentir victime d’un coup monté.

«Je ne vois pas M. Ouellette répondre à vos questions, a pour sa part réagi le chef péquiste Jean-François Lisée. Je pense que ce serait bien qu’il convoque la presse pour que l’on puisse juger de la crédibilité de sa version.»

M. Couillard affirme avoir confiance en M. Ouellette, et a assuré, jeudi, que si le PLQ forme le prochain gouvernement et que M. Ouellette est réélu, ce dernier fera partie de son caucus.

À l’automne 2017, Guy Ouellette a été arrêté par l’Unité permanente anticorruption (UPAC), qui le soupçonne d’avoir partagé des documents d’enquêtes policières. Il ne fait l’objet d’aucune accusation criminelle.

Legault se défend d’avoir balancé sa source

Pendant ce temps, à Rivière-du-Loup, M. Legault s’est défendu d’avoir divulgué l’identité de sa source au grand jour, pour ensuite affirmer qu’il l’avait révélée au nom de la «vérité».

Le chef de la CAQ avait pourtant refusé la veille de dévoiler quelle était la source de la CAQ en vertu du principe de confidentialité des sources, puis dans une autre mêlée de presse il avait confirmé que Guy Ouellette était à l’origine des documents obtenus par la CAQ.

En 2016, M. Ouellette a ainsi fourni des renseignements compromettants sur une nomination controversée des libéraux. Il s’agissait de courriels qui faisaient état des liens présumés entre un haut fonctionnaire, Pietro Perrino, et un homme d’affaires, Luigi Coretti.

Jeudi, M. Legault a affirmé qu’il a balancé sa source, M. Ouellette, parce que la question lui a été posée et parce que c’est la vérité.

«Il ne faut jamais brûler sa source, qu’on soit journaliste ou homme politique, jamais brûler sa source, a déclaré M. Lisée, en réprimandant la CAQ. Pourquoi? Parce que si on trouve que la source est utile, c’est qu’elle apporte des éléments au débat public qui sont d’intérêt public.

«M. Legault n’a pas montré qu’il avait une bonne compréhension de la confidentialité des sources», a-t-il pesté.

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