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Affaire Rozon: au moins cinq plaintes auraient été refusées

Affaire Rozon: au moins cinq plaintes auraient été refusées
Photo: Archives Métro

Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a commencé à rencontrer les femmes qui ont porté plainte à la police contre le fondateur du Festival Juste pour rire, Gilbert Rozon, indiquant à au moins cinq d’entre elles qu’il n’y aura pas d’accusation déposée.

C’est le chiffre avancé hier par Radio-Canada, selon qui les preuves seraient insuffisantes dans ces cas. De son côté, la station radiophonique 98,5 FM a affirmé hier qu’un procureur de la Couronne, qui a commencé à parler aux plaignantes lundi, a annoncé à au moins quatre d’entre elles qu’aucune accusation ne serait déposée pour leur dénonciation faite dans la foulée du mouvement #MoiAussi, à l’automne 2017.

Le DPCP avait fait savoir que les rencontres avec les plaignantes ne se termineraient pas à la fin de la journée de mardi.

«Par respect pour les personnes impliquées dans le processus de rencontre, lequel se poursuivra au-delà de la journée de mardi, le DPCP ne communiquera les informations publiques qu’au terme de ce processus», a fait savoir son porte-parole, Jean Pascal Boucher.

La comédienne Patricia Tulasne a indiqué qu’elle ne fera aucun commentaire pour le moment.

Recours civil
Parallèlement au processus criminel, un groupe de femmes, qui se sont elles-mêmes appelées «Les Courageuses», ont demandé — et obtenu — la permission d’intenter une action collective contre Gilbert Rozon. Seule l’identité de la représentante du groupe, la comédienne Patricia Tulasne, est connue. On ne sait pas si les membres du groupe sont les mêmes femmes qui ont porté plainte à la police.

L’ex-producteur est accusé par ces femmes de harcèlement et d’agressions sexuelles. Selon le groupe, M. Rozon aurait fait au moins 20 victimes sur une période de 34 ans, de 1982 à 2016, ce que réfute fermement le producteur déchu.

Les plaignantes réclament jusqu’à 10M$ en dommages punitifs, en plus des dommages moraux et pécuniaires.

En août dernier, la Cour d’appel du Québec a toutefois accordé à M. Rozon l’autorisation d’en appeler du jugement qui a permis le dépôt d’une action collective des «Courageuses» contre lui.

L’action collective avait été autorisée par la Cour supérieure du Québec le 22 mai dernier.

Si le DPCP ne dépose pas d’accusations contre Gilbert Rozon, cela n’empêche pas en théorie les femmes de continuer avec leur action collective, le fardeau de preuve étant moins exigeant dans le cadre d’un recours civil qu’au criminel.