National

Transport d’écoliers: le ministre Roberge prévoit d’autres rencontres

Transport d’écoliers: le ministre Roberge prévoit d’autres rencontres
Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge. Photo: Jacques Boissinot/La Presse canadienne

MONTRÉAL — Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, n’est pas prêt à agir tout de suite dans le dossier du transport d’écoliers, malgré les appels pressants en ce sens de la part de syndicats de chauffeurs d’autobus.

Le 18 janvier, le ministre Roberge avait rencontré la Fédération des transporteurs par autobus, qui regroupe la majorité des employeurs dans le transport scolaire, ainsi que deux centrales dont des syndicats représentent des chauffeurs, à savoir la FTQ et la CSN. Les centrales syndicales avaient alors dit attendre «un retour rapide» du ministre.

Depuis un an, les syndicats de chauffeurs d’autobus d’écoliers se plaignent de leurs conditions de travail. Certains avaient même débrayé durant quelques journées, au début de l’année 2018. Plusieurs négociations de conventions collectives ont eu cours avec des transporteurs privés, qui font le transport d’écoliers en sous-traitance pour les commissions scolaires, entre janvier et mai 2018.

Les chauffeurs d’autobus d’écoliers sont répartis au sein de plusieurs syndicats: le syndicat des Teamsters, le syndicat Unifor et le Syndicat québécois des employés de service (SQEES-298), les trois affiliés à la FTQ, en plus de la Fédération des employés des services publics affiliée à la CSN et la Centrale des syndicats démocratiques (CSD).

Les conditions de travail varient d’un transporteur à l’autre. Ils gagnent en moyenne 17,86 $ l’heure, avec un horaire brisé, de matin et de fin d’après-midi, pour un revenu annuel moyen de 19 288 $, indiquent la FTQ et la CSN. Certains touchent 12,07 $ l’heure, d’autres plus de 20 $ l’heure.

Les centrales syndicales revendiquent notamment une enveloppe dédiée pour le transport d’écoliers, afin d’éviter que les commissions scolaires se servent des fonds reçus à d’autres fins. Les organisations syndicales affirment que les conditions de travail sont mauvaises, ce qui entraîne des difficultés de recrutement, voire une pénurie de main-d’oeuvre.

Et les transporteurs, eux, sont pris entre l’arbre et l’écorce.

Interrogé lundi quant à la progression de ce dossier depuis sa rencontre de la mi-janvier avec les transporteurs et les centrales syndicales, le ministre Roberge a laissé entendre qu’il n’était pas prêt à intervenir maintenant, comme le souhaitaient les parties.

«On les a rencontrés, on les a écoutés. Je comprends leur réalité. Ils font face à une pénurie de main-d’oeuvre, comme dans beaucoup d’autres secteurs. C’est quelque chose qu’on va devoir travailler de concert avec eux, dans les prochaines semaines et les prochains mois», a-t-il indiqué.

Le ministre de l’Éducation n’a toutefois pas fermé la porte. «Il y a d’autres rencontres qui sont prévues, mais je ne peux pas m’avancer pour l’instant.»

Lia Lévesque, La Presse canadienne