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Des Mexicains «sauvés de l’esclavage» en Ontario

Des Mexicains «sauvés de l’esclavage» en Ontario
Photo by: Getty Images/iStockphotoiStock

BARRIE, Ont. — La police ontarienne affirme avoir «sauvé de l’esclavage» 43 Mexicains qui auraient été forcés de faire des ménages dans un hôtel et des propriétés de villégiature pour aussi peu que 50 $ par mois.

La Police provinciale de l’Ontario et la Police de Barrie avaient amorcé leur enquête l’an dernier, après avoir reçu de multiples informations du public, et 12 mandats de perquisition ont été exécutés la semaine dernière.

Le sous-commissaire de la Police provinciale Rick Barnum a déclaré lundi que les victimes présumées avaient été attirées au Canada par la promesse d’un emploi légitime et d’une meilleure éducation. L’opération ciblant le réseau présumé de traite de personnes a eu lieu le 5 février et impliquait également l’Agence des services frontaliers du Canada, a indiqué lundi la police.

Depuis, les travailleurs mexicains se sont vu proposer un hébergement et un emploi légitime dans un complexe touristique local, a indiqué la chef de la police de Barrie, Kimberley Greenwood. Ces Mexicains sont aussi en contact avec le ministère fédéral de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté concernant leur statut au pays.

Ces 43 travailleurs, dont les villes d’origine n’ont pas été divulguées, étaient arrivés au Canada par avion, a déclaré le commandant Barnum. On leur avait fait apprendre quoi dire avant d’entrer dans le pays, puis on les avait obligés de vivre dans des conditions sordides à Barrie et à Wasaga Beach, dans la baie Georgienne, a-t-il indiqué. «À partir de là, leur situation n’a fait qu’empirer.»

M. Barnum a expliqué que les travailleurs — surtout des hommes — étaient conduits chaque jour dans des villes du centre et de l’est de l’Ontario et contraints de nettoyer des propriétés de villégiature et un hôtel. Ils étaient obligés de verser d’importantes sommes à leurs trafiquants présumés pour le transport et le logement, et n’étaient autorisés, dans certains cas, qu’à garder moins de 50 $ par mois.

La police surveille de près deux dirigeants de l’entreprise d’entretien de Barrie qui employait ces travailleurs étrangers, alors que l’enquête se poursuit, a déclaré M. Barnum, ajoutant que des accusations criminelles seraient portées plus tard. Pour le moment, la priorité est mise sur les besoins des travailleurs, a-t-il indiqué. 

«Vous pouvez imaginer à quel point cette expérience a été traumatisante pour les victimes, ainsi que pour leurs proches et d’autres personnes qui pourraient être prises au piège dans une telle situation.»

Nicole Thompson, La Presse canadienne