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L’immunothérapie pourrait aussi combattre le VIH, selon des chercheurs du CHUM

L’immunothérapie pourrait aussi combattre le VIH, selon des chercheurs du CHUM
Photo: Getty Images/iStockphoto

MONTRÉAL — Les traitements d’immunothérapie utilisés pour combattre le cancer pourraient diminuer la quantité de VIH qui persiste chez les personnes sous trithérapie, ce qui pourrait éventuellement mener à l’éradication complète du virus de l’organisme, démontrent les travaux de chercheurs du Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal.

La trithérapie empêche le VIH de se transformer en sida, mais le virus se terre quand même dans des cellules et des tissus. Bien à l’abri du système immunitaire dans ces réservoirs, il n’attend que sa chance pour recommencer à proliférer.

«Le problème avec les trithérapies actuelles est qu’elles contrôlent l’infection par le VIH, mais elles n’éliminent pas le virus, a expliqué Nicolas Chomont. Le virus persiste et c’est la raison pour laquelle ces personnes doivent prendre leur trithérapie toute la vie.»

Des travaux réalisés précédemment par Rémi Fromentin, un associé de recherche au sein du laboratoire de M. Chomont, avaient permis d’identifier des protéines très particulières à la surface des réservoirs de VIH. Ces mêmes molécules étant ciblées par l’immunothérapie utilisée contre le cancer, MM. Chomont et Fromentin ont voulu savoir s’il serait possible de l’utiliser pour rendre le virus de nouveau visible au système immunitaire, pour qu’il soit alors attaqué et détruit.

«Utiliser les immunothérapies contre le VIH, c’est un concept assez nouveau, a expliqué M. Fromentin. Mais l’angle d’attaque de réveiller le virus, c’est l’originalité de notre travail.»

Des expériences menées en laboratoire ont démontré que les cellules qui constituent le réservoir du VIH sont sensibles à ces immunothérapies. Le virus est «réveillé» de ses réservoirs quand on met ces immunothérapies en présence de ces cellules; en d’autres mots, le virus est expulsé de ses cachettes, ce qui permet au système immunitaire de faire son travail.

Mais la découverte de MM. Chomont et Fromentin ne réglera pas le problème à elle seule. Des molécules chimiques qui s’étaient jusqu’à présent révélées peu efficaces pour «réveiller» le VIH pourraient trouver une nouvelle utilité en combinaison avec l’immunothérapie.

«C’est vraiment ce qu’on essaie de faire, a dit Rémi Fromentin. On veut éliminer l’ensemble des cellules qui ont du virus à l’intérieur de manière à ce que les personnes qui étaient infectées soient guéries, et donc éventuellement qu’elles puissent arrêter leur traitement, et qu’elles n’aient plus de virus du tout qui puisse se réactiver.»

Près de 37 millions de personnes vivent avec le VIH à travers le monde.

Les conclusions de cette étude ont été publiées par le journal scientifique «Nature Communications».

Jean-Benoit Legault, La Presse canadienne