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La mise sous tutelle de l’Ordre des ingénieurs a été levée mercredi

La mise sous tutelle de l’Ordre des ingénieurs a été levée mercredi
Photo: THE CANADIAN PRESS/Jacques BoissinotSonia LeBel

MONTRÉAL — La mise sous tutelle de l’Ordre des ingénieurs a été levée mercredi, deux ans et demi après cette décision prise par le gouvernement du Québec.

Par décret publié dans la gazette officielle mercredi, le gouvernement indique lever les conditions et les modalités de la mise sous administration de l’Ordre.

«Des progrès significatifs» en matière de gouvernance au sein de l’ordre professionnel ont mené à cette décision, a-t-il fait valoir dans un communiqué. 

Le Comité de mise sous administration (CMSA) faisait rapport des progrès fréquemment à l’Office des professions du Québec. Il estime qu’une nouvelle culture d’efficacité et de collaboration est en place et que ses mécanismes de protection du public ont été améliorés.

L’ordre est sur la bonne voie, précise-t-il dans son rapport final.

La ministre de la Justice, Sonia LeBel, exige toutefois que l’Office des professions du Québec lui transmette, un an après la levée de la mise sous administration, un rapport documentant l’évolution des indicateurs de performance du plan d’action.

Elle veut ainsi s’assurer du maintien des avancées.

La présidente de l’Ordre, Kathy Baig, estime qu’il s’agit là d’une excellente nouvelle.

«Le doute qui planait sur la profession est levé d’une certaine façon», a-t-elle déclaré en entrevue téléphonique.

Cette confiance renouvelée du gouvernement va donner plus de poids et de valeur aux prises de positions publiques que fera l’Ordre lorsqu’il exercera son leadership, a-t-elle ajouté.

Elle a rappelé que la mise en tutelle visait plusieurs objectifs: le redressement de la situation financière, la gouvernance et les enquêtes du syndic. Tout cela a été abordé, dit-elle, et les attentes dépassées: le nombre d’enquêtes qui étaient en attente est revenu à un niveau «sous contrôle», l’ordre a revu ses façons de faire pour les inspections professionnelles et les budgets ont été augmentés, les membres ayant accepté les hausses de cotisations professionnelles, a-t-elle expliqué.

Quant à la confiance du public, ébranlé par certains scandales qui touchent des firmes d’ingénierie, la présidente souligne qu’il y a une grande distinction à faire entre les ingénieurs qui travaillent honnêtement et les décisions prises par certains dirigeants de grandes entreprises. 

Selon la ministre LeBel, les progrès significatifs réalisés par l’Ordre des ingénieurs du Québec depuis deux ans en matière de gouvernance permettent de croire à un redressement durable de l’organisation.

«Nous avons constaté une réduction des délais d’enquête du syndic, une augmentation du taux d’inspections professionnelles, ainsi qu’un changement de garde dans l’équipe de direction et le redressement des finances de l’Ordre. Il est raisonnable de croire que la mission de protection du public sera dorénavant bien remplie», a-t-elle déclaré dans un communiqué. 

L’Ordre avait été mis sous tutelle en juillet 2016, en raison des crises internes qui le secouaient.

Lorsque cette décision avait été prise, la ministre de la Justice de l’époque, la libérale Stéphanie Vallée, avait aussi évoqué les «problèmes d’éthique et de déontologie» soulevés par la commission Charbonneau.

L’Ordre compte plus de 66 000 membres, ce qui équivaut à plus du quart des ingénieurs du Canada.

Stéphanie Marin, La Presse canadienne