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Une nouvelle étude démontre que le TDAH freine la poursuite d’études supérieures

Une nouvelle étude démontre que le TDAH freine la poursuite d’études supérieures
Photo: THE CANADIAN PRESS/Chris Young

OTTAWA — Selon de nouvelles données de Statistique Canada, les élèves aux prises avec un trouble de déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH) auraient moins de chances de poursuivre des études post-secondaires que les autres.

Cet écart laisse croire que les enseignants devraient être mieux formés pour encadrer ces élèves dont le comportement peut parfois être perturbé et qui peuvent sembler désintéressés par leurs études, estiment des experts.

«Ils vont avoir un à trois jeunes atteints de TDAH dans chacune de leurs classes jusqu’à la fin de leur carrière, et cela seulement dans les classes régulières. Malgré cela, on ne les forme toujours pas adéquatement», déplore Heidi Bernhardt, directrice générale du Centre canadien de sensibilisation au TDAH.

Les chercheurs ont constaté que 77 pour cent des jeunes qui ne souffraient pas de troubles de santé mentale ni de troubles neurologiques du développement étaient inscrits dans un programme d’enseignement postsecondaire.

En comparaison, seulement 48 pour cent des Canadiens de 18 à 22 ans ayant reçu un diagnostic de trouble de santé mentale étaient inscrits dans un établissement postsecondaire. Cela inclut les étudiants qui ont reçu un diagnostic de trouble émotionnel, psychologique ou nerveux, mais près des trois quarts de ces jeunes ont été diagnostiqués avec un TDAH.

Les chercheurs ont aussi observé que 60 pour cent des jeunes aux prises avec un trouble neurologique du développement poursuivaient des études postsecondaires, dont certains souffrant d’épilepsie, de paralysie cérébrale, de déficiences intellectuelles ou de troubles d’apprentissage.

Parmi les jeunes adultes souffrant à la fois d’une maladie mentale et d’une maladie neurodéveloppementale, 36 pour cent seulement avaient entrepris des études supérieures.

Cette analyse est basée sur des données de l’Enquête longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes, ainsi que de données provenant des déclarations de revenus.

D’après Heidi Bernhardt, les enseignants peuvent mal interpréter les symptômes du TDAH et croire à un mauvais comportement de l’élève, laissant ainsi les jeunes découragés face à leurs difficultés d’apprentissage et devant plus enclins à abandonner leurs études. Elle soutient que les élèves avec un TDAH, sans autre diagnostic de troubles d’apprentissage, affichent des résultats inférieurs à la moyenne de huit à dix pour cent en mathématiques.

Andrew King, directeur des communications à la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants, affirme qu’il n’existe pas de données sur le nombre d’enseignants formés pour soutenir les élèves ayant des besoins particuliers.

Heidi Bernhardt ajoute que les ressources offertes aux étudiants avec un TDAH ne sont pas uniformes d’une province à l’autre.

Danielle Edwards, La Presse canadienne