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Les pénitenciers ne sont pas en mesure d’offrir des soins de fin de vie

Les pénitenciers ne sont pas en mesure d’offrir des soins de fin de vie
Photo: Getty Images/iStockphotoArchives Métro

OTTAWA — Selon l’ombudsman des pénitenciers au Canada, des détenus âgés et de longue date sont «entreposés» dans des prisons qui ne sont pas équipées pour gérer les soins de fin de vie.

L’enquêteur correctionnel du Canada, Ivan Zinger, et la présidente de la Commission canadienne des droits de la personne, Marie-Claude Landry, demandent au Service correctionnel du Canada de répondre aux besoins et aux droits uniques des personnes âgées derrière les barreaux, dont le nombre augmente — nécessitant aussi des coûts additionnels pour le gouvernement.

Les deux organes ont déclaré que le pays avait besoin d’une stratégie nationale pour prendre en charge les besoins de personnes de plus de 50 ans en détention fédérale.

Dans un nouveau rapport publié jeudi, ils disent que le service correctionnel devrait trouver des moyens de libérer les détenus plus âgés qui ne représentent «aucun risque déraisonnable pour la sécurité publique» dans la collectivité, dans un établissement de soins de longue durée ou dans un centre de soins palliatifs.

De nombreux détenus âgés restent en prison bien au-delà de leurs dates d’admissibilité à la libération conditionnelle, même s’ils ont achevé la quasi-totalité de leurs plans correctionnels et ne présentent que peu de risques pour le public, indique le rapport.

Les détenus âgés de 50 ans ou plus représentent le quart de la population carcérale dans les établissements fédéraux, leur nombre ayant augmenté de 50 pour cent au cours de la dernière décennie.

«Tout le monde au Canada, y compris les personnes sous garde fédérale, a le droit de finir ses jours dans la dignité et en sécurité. Les prisons n’ont pas ce qu’il faut pour donner des soins de fin de vie. Le Service correctionnel du Canada doit faire plus pour faire en sorte que les personnes détenues puissent retourner en société et recevoir des soins de fin de vie empreints d’humanité et de dignité», a affirmé Mme Landry par communiqué.

Les personnes de plus de 65 ans sont plus susceptibles d’avoir des maladies chroniques que les personnes âgées qui ne sont pas en prison, une situation qui contribue à faire augmenter les coûts des soins de santé en milieu correctionnel.

Des entretiens avec plus de 250 détenus âgés et des dizaines de membres du personnel ont également mis au jour des informations indiquant que des délinquants âgés étaient victimes de «traitement musclé, de brutalité ou d’intimidation». Il y avait également des problèmes d’accessibilité dans tous les établissements visités par des fonctionnaires dans le cadre de leur travail.

La Presse canadienne