National

Des vedettes veulent sensibiliser les adolescentes à l’exploitation sexuelle

Des vedettes veulent sensibiliser les adolescentes à l’exploitation sexuelle
Photo: Karine Dufour/ICI Radio-Canada Télé

MONTRÉAL — Le Y des femmes de Montréal a décidé de s’adresser aux adolescentes avec des voix qu’elles connaissent pour les sensibiliser à la réalité de l’exploitation sexuelle et par une voie qu’elles connaissent tout aussi bien, soit le réseau Instagram.

Profitant de la journée internationale des femmes, le Y lance la campagne #LaisseToiPasAcheter qui rappelle aux jeunes femmes que les réseaux sociaux peuvent servir au recrutement à des fins d’exploitation sexuelle.

Une série de publications et de «stories» Instagram viendra soutenir le message, qui est porté par un groupe de personnalités parmi lesquelles on retrouve la comédienne Ludivine Reding, dont le rôle marquant dans la série «Fugueuse» en a fait une figure très connue auprès des adolescentes, ainsi que la YouTubeuse Gloria Bella, la joueuse de tennis Françoise Abanda et l’auteure jeunesse Sarah-Maude Beauchesne, notamment.

L’objectif est d’insister sur la vigilance sur les réseaux sociaux, où les proxénètes sont de plus en plus actifs et d’encourager les adolescentes à exercer un jugement critique sur les offres que l’on peut trouver sur ces plateformes.

La campagne #LaisseToiPasAcheter en prendra plusieurs par surprise: elle s’articule autour de publications et de «stories» Instagram qui vantent la gratuité de vêtements et d’accessoires haut de gamme… avant de se transformer en message caché sensibilisant contre l’exploitation sexuelle.

Les photos mettent en valeur différents vêtements et accessoires tendance que les jeunes femmes présentent comme une aubaine à saisir. Lorsque l’on clique sur l’offre, on est redirigé vers le site web Laisse-toi pas acheter, qui rappelle aux jeunes utilisatrices de faire preuve de vigilance, qu’un cadeau peut effectivement être trop beau pour être vrai.

La campagne souligne aussi l’importance de parler à une personne de confiance, aussitôt qu’une situation paraît louche et de se tourner vers les ressources qui existent précisément pour répondre aux doutes des jeunes filles ou de leur entourage.

Des données récentes de la Centrale canadienne de signalement des cas d’exploitation et d’abus sexuels d’enfants sur Internet montrent qu’un jeune sur sept de 10 à 17 ans reçoit des sollicitations sexuelles non désirées sur Internet et que 26 pour cent des enfants envoient des informations personnelles à des inconnus.

De plus, l’âge moyen du recrutement à des fins d’exploitation sexuelle est de 14,7 ans.

 

Pierre Saint-Arnaud, La Presse canadienne