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Marche pour le climat: la CAQ doit se pencher sur un projet de loi, selon le PQ

Marche pour le climat: la CAQ doit se pencher sur un projet de loi, selon le PQ
Photo: Jacques Boissinot/La Presse canadienneLe porte-parole péquiste en matière d'environnement du PQ, Sylvain Gaudreault.

QUÉBEC — À la veille de la grande marche étudiante pour le climat, l’opposition péquiste réclame l’étude en commission parlementaire de son projet de loi qui vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) du Québec.

Le projet de loi 194 a été déposé le 21 février, mais n’a pas été «appelé» par le gouvernement Legault, c’est-à-dire qu’il n’a pas été acheminé pour étude et consultations en commission parlementaire.

Il est très rare que le gouvernement «appelle» les projets de loi des partis d’opposition en commission parlementaire, mais le Parti québécois (PQ) demande à la Coalition avenir Québec (CAQ) de démontrer ainsi l’ouverture et le pragmatisme dont elle se targue. D’ailleurs, la CAQ s’était engagée en campagne électorale à étudier un nombre prédéterminé de projets de loi de l’opposition.

Dans une entrevue téléphonique avec La Presse canadienne jeudi, le porte-parole péquiste en matière d’environnement, Sylvain Gaudreault, a affirmé que le gouvernement Legault pourrait ainsi prouver son sérieux dans la lutte aux changements climatiques, lui qui a un «déficit de crédibilité».

Des consultations les plus élargies possible sont nécessaires, selon M. Gaudreault, car son projet de loi n’est qu’un point de départ, susceptible d’être bonifié.

«Je demande au moins qu’à cette étape, sans obligation à adopter le projet de loi au final, le gouvernement envoie au moins le signal qu’il est prêt à entendre les groupes, dont les jeunes, sur une idée de projet de loi de ce genre. Je veux au moins que les gens viennent nous dire ce qu’ils en pensent.»

Le projet de loi officialise les cibles de réduction des émissions de GES du Québec et mettrait en place des mécanismes en vue de la réduction des émissions. Le ministère de l’Environnement préparerait un «budget carbone» comportant un plafonnement annuel des émissions autorisées, tandis que le Commissaire au développement durable veillerait à mesurer les résultats. En outre, le ministère devrait prendre en considération les émissions de GES de tout projet nécessitant une autorisation de sa part.

L’étude du projet de loi, «c’est une occasion (pour le gouvernement Legault) de montrer une ouverture et une sensibilité sur l’enjeu climatique», a poursuivi M. Gaudreault, qui est député de Jonquière.

Rappelons que des pays comme le Royaume-Uni, le Danemark, la France, l’Allemagne et la Suède ont déjà adopté ce genre de loi contraignante, de même que l’Écosse, parmi les États fédérés comme le Québec.

Plus de 65 000 étudiants sont censés prendre part à la marche pour le climat qui est organisée dans plusieurs villes du Québec.

M. Gaudreault participera lui-même à la marche organisée au Saguenay avec les étudiants de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) et des cégeps.

Le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, a fait savoir mercredi qu’il ne pouvait pas participer à la marche vendredi, mais que les canaux de communication étaient ouverts avec les organisateurs.

Patrice Bergeron, La Presse canadienne