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Deux employées de la fonction publique poursuivent l’Ontario et deux syndicats

Deux employées de la fonction publique poursuivent l’Ontario et deux syndicats
Photo: iStockLe drapeau ontarien

TORONTO — Deux employées de la fonction publique ontarienne, se disant victimes de racisme systémique depuis plusieurs années, ont intenté des poursuites contre le gouvernement provincial et les syndicats qui les représentent.

Jean-Marie Dixon et Hentrose Nelson affirment qu’elles ont été victimes d’un racisme anti-noir, de harcèlement et de mauvais traitements au cours de leur carrière dans la fonction publique

Elles allèguent que ces mauvais traitements ont pris la forme d’agressions de la part de leurs collègues et dénoncent de l’intimidation concertée. Elles disent avoir été prises pour des membres du service d’entretien et reprochent aux intimés leur rétrogradation.

Les deux femmes allèguent que les syndicats auxquels elles appartiennent n’ont pas répondu à leurs plaintes, contribuant ainsi à maintenir une culture du racisme systémique au sein de la fonction publique ontarienne.

La poursuite de 26 millions $ contient des allégations non encore prouvées devant un tribunal. Elle réclame diverses mesures, dont une commission «vérité et conciliation» pour les employés racialisés et une formation antiraciste pour l’ensemble de la fonction publique ontarienne.

Le gouvernement n’a pas répondu à la demande d’entrevue. Les deux syndicats — l’Association of Management, Administrative and Professional Crown Employees of Ontario et l’Association of Law Officers of the Crown — ont dit qu’ils ne pouvaient pas commenter sur des cas individuels, mais tous deux ont fait valoir qu’ils luttaient contre la discrimination systémique dans la fonction publique.

Les deux femmes sont en congé. Elles ont dit s’être senties obligées de quitter leur milieu de travail parce qu’elles voulaient dénoncer leurs conditions.

Le gouvernement reconnaît l’existence d’un problème dans les rangs de sa fonction publique. Selon un rapport publié en 2017, les groupes racialisés représentaient 23 pour des effectifs de la fonction publique ontarienne, mais ne comptaient que pour de 9 à 17 pour cent des cadres supérieurs, ce nombre diminuant au fur et à mesure que l’on s’élève dans la hiérarchie.

«Il nous faut admettre qu’il existe des obstacles associés au racisme systémique et que ces derniers empêchent certaines personnes de donner la pleine mesure de leurs capacités, peut-on lire dans la Politique de la fonction publique de l’Ontario pour la lutte contre le racisme. Nous devons reconnaître que la colonisation et l’esclavage ont laissé dans leur sillage, au sein de nos institutions, une iniquité pour les personnes autochtones, noires et racialisées.»

Michelle McQuigge, La Presse canadienne