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Un entraîneur personnel congédié devra être réintégré et indemnisé

Un entraîneur personnel congédié devra être réintégré et indemnisé
Photo: iStock

MONTRÉAL — Un centre d’entraînement Gold’s Gym de Montréal devra réintégrer un entraîneur personnel qu’il avait congédié en 2016, lui reprochant son insubordination et son impolitesse avec le gérant.

Lors de la rencontre de congédiement, l’entraîneur avait même dû être escorté à l’extérieur du bureau, selon le gérant, qui affirmait qu’il était devenu agressif et tentait de le provoquer afin d’en venir aux coups.

L’homme avait été embauché comme entraîneur personnel en novembre 2015. Dès avril 2016, le gérant lui avait transmis un courriel lui rappelant qu’il était censé informer la direction lorsqu’il ne se présentait pas au travail.

En juin, l’entraîneur se plaignait du fait que son relevé de paie ne correspondait pas à ses heures de travail et aux commissions qu’il était censé recevoir.

La preuve entendue par le Tribunal administratif du travail a démontré qu’à plusieurs reprises, l’entraîneur personnel a posé des questions au sujet de son relevé de paie, des jours fériés, des heures de formation rémunérées, des commissions payées. Et il s’est plaint de ne pas avoir reçu de réponses.

Le Tribunal le décrit comme «un salarié qui examine de très près ses relevés de paie, qui est au fait de ses droits et qui ne se gêne pas pour poser de nombreuses questions».

Une autre fois, en septembre, le gérant écrit au travailleur pour lui rapporter qu’il a appris par un client qu’il était malade.

Le 18 octobre, il y avait eu une discussion animée entre l’entraîneur et le gérant. La vidéo a été déposée en preuve au tribunal. «Le demandeur est de toute évidence frustré de la situation et bien que la discussion soit animée, aucune impolitesse, aucune menace ou aucun propos déplacé n’est présent au cours de la discussion», écrit le juge administratif Guy Blanchet.

Quelques jours plus tard, le gérant écrit un «rapport d’incident» qu’il transmet aux ressources humaines. Le gérant affirme qu’«il ne s’est pas senti respecté et que l’approche du demandeur était intimidante», relate le Tribunal.

Le 24, l’entraîneur était congédié à cause de son comportement. Le gérant a témoigné devant le tribunal du fait que l’entraîneur était «devenu agressif», qu’il avait dû être escorté en dehors du bureau. «Un autre entraîneur lui aurait mis la main sur l’épaule et le demandeur a réagi en affirmant en anglais « si jamais tu me touches encore, je vais te donner un coup de pied dans la face »», relate-t-on dans le jugement.

L’employeur avait soutenu que l’insubordination et l’impolitesse de l’entraîneur à l’égard du gérant justifiaient amplement son congédiement et que son comportement lors de l’annonce du congédiement confirmait les motifs.

«Le Tribunal retient de la preuve que l’employeur, devant un salarié revendicateur de ses droits, a tout simplement décidé de procéder à son congédiement», écrit le juge administratif Blanchet.

«Le Tribunal ne tient pas compte de la réaction du demandeur lors de la rencontre de congédiement. Bien que pouvant être qualifié de répréhensible, le demandeur pouvait avoir ses raisons d’être choqué devant la décision de le congédier pour un motif qu’il jugeait illégal», ajoute-t-il.

Il a donc annulé le congédiement et ordonné à l’employeur de le réintégrer dans son emploi. Il devra lui verser à titre d’indemnité l’équivalent de son salaire et des avantages dont son congédiement l’avait privé.

Lia Lévesque, La Presse canadienne