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Les oléoducs canadiens ne pourraient pas transporter plus, conclut l’ONÉ

Les oléoducs canadiens ne pourraient pas transporter plus, conclut l’ONÉ
Natural Resources Minister Amarjeet Sohi listens to a question on a translation device as he speaks about the government's plan for the Trans Mountain Expansion Project during a news conference in Ottawa, Wednesday October 3, 2018. The National Energy Board says Canada's existing export pipelines are running at maximum efficiency and the only way to realistically get more oil to market on pipelines is to build more of them. THE CANADIAN PRESS/Adrian Wyld

OTTAWA — L’Office national de l’énergie (ONÉ) conclut que les oléoducs d’exportation existants ont atteint leur efficacité maximale et que le seul moyen réaliste d’expédier plus de pétrole sur les marchés par pipeline consiste à en construire davantage.

L’Office a répondu vendredi aux questions posées l’automne dernier par le ministre fédéral des Ressources naturelles. Amarjeet Sohi souhaitait savoir s’il était possible d’améliorer l’efficacité des oléoducs existants, alors que le Canada se demande s’il doit augmenter leur capacité ou en construire de nouveaux.

«En résumé, les oléoducs sont pleins», a déclaré Jean-Denis Charlebois, l’économiste en chef de l’ONÉ.

Dans un communiqué, M. Sohi a affirmé que l’organisme fédéral confirmait qu’il fallait construire de nouveaux oléoducs.

Dans son rapport, l’ONÉ souligne que la quantité de pétrole produite par le Canada a augmenté alors que le nombre d’oléoducs nécessaires à son transport est demeuré le même. 

Dans les dernières années, cinq projets d’oléoducs ont été proposés, mais ont été finalement annulés ou reportés, mentionne l’organisme. Cela comprend le projet Trans Mountain, qui est en suspens en attendant une nouvelle série de consultations organisées dans la foulée d’un jugement de la Cour d’appel fédérale.

L’élargissement éventuel de l’oléoduc Trans Mountain, acheté l’an dernier par le gouvernement fédéral à Kinder Morgan pour la somme de 4,4 milliards $, permettrait pratiquement de tripler sa capacité. Cet oléoduc achemine déjà du pétrole des sables bitumineux de l’Alberta vers un terminal maritime à Burnaby, près de Vancouver, en Colombie-Britannique.

L’ONÉ a récemment recommandé au gouvernement de procéder à l’élargissement de l’oléoduc après avoir évalué une nouvelle fois les impacts du projet sur la vie marine. De nouvelles consultations avec les Autochtones ont lieu actuellement et pourraient être complétées au printemps.

Parmi les autres projets annulés ou reportés, on retrouve les oléoducs Énergie Est (que Trans Canada a abandonné) et Northern Gateway (que les libéraux avaient refusé d’approuver en 2016). Les oléoducs Keystone XL et la canalisation 3 d’Enbridge font aussi face à de l’incertitude en raison de contestations aux États-Unis.

Ces cinq projets auraient pu ajouter à la réserve canadienne 3,4 millions de barils de pétrole par jour.

L’Office estime d’ailleurs que «le transport ferroviaire ne constitue pas une solution idéale pour pallier» ce manque de capacité, car ce mode de transport coûte plus cher et demeure plus complexe.

L’ONÉ admet qu’il est possible de rationaliser le système utilisé par les producteurs de pétrole pour accéder à une plus grande capacité d’oléoduc, mais cela ne ferait que redistribuer la capacité existante plutôt que de l’augmenter.

Le ministre Sohi avait demandé l’avis de l’ONÉ l’automne dernier, alors que les prix du pétrole canadien chutaient en raison de la fermeture temporaire de raffineries dans le Midwest américain, créant un différentiel de prix de 50 $ US le baril avec le marché des États-Unis.

L’écart de prix a maintenant été ramené à moins de 10 $ le baril, après la remise en service de raffineries et depuis que le gouvernement de l’Alberta a imposé une baisse de la production de brut.

Mia Rabson, La Presse canadienne