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Le diocèse de Toronto doit verser 530 000 $ pour les sévices sexuels d’un prêtre

Le diocèse de Toronto doit verser 530 000 $ pour les sévices sexuels d’un prêtre
Photo: Archives Métro

TORONTO — Les sévices sexuels commis par un prêtre catholique à l’endroit d’un servant de messe âgé de 11 ans, il y a plus de 50 ans, nécessitent une indemnisation de plus d’un demi-million de dollars, a déterminé mardi le plus haut tribunal de l’Ontario.

En rendant sa décision, la Cour d’appel a rejeté les arguments du diocèse de Toronto selon lesquels l’avocat de la victime avait enflammé le jury avec ses plaidoiries finales.

Cependant, dans une décision partagée sur une partie de l’appel, la cour a annulé l’attribution par le jury de 15 000 $ de dommages-intérêts punitifs, affirmant que le diocèse de Toronto n’avait rien fait de mal en refusant d’admettre sa responsabilité jusqu’au début du procès.

Les documents de la cour montrent que le garçon avait été élevé au sein d’une fervente famille catholique qui estimait qu’on devait respect et obéissance à un prêtre, le «représentant de Dieu». En 1963, le père Alphonse Robert, nouveau prêtre, s’était lié d’amitié avec la famille et avait éventuellement invité le garçon à se rendre à la basilique Notre-Dame de Montréal.

Selon les faits exposés devant le tribunal, Alphonse Robert s’est arrangé pour qu’ils passent la nuit dans une chambre de motel à Cornwall, en Ontario, où le prêtre a caressé sexuellement le garçon et a commis un acte sexuel à son endroit. Le garçon en est venu à croire que l’incident était de sa faute et qu’il était «condamné à l’enfer», selon des documents judiciaires. Le résultat fut des décennies de difficultés dans les relations familiales et des problèmes d’alcoolisme.

La victime a poursuivi la paroisse en 2014, après la mort d’Alphonse Robert. Le plaignant a sollicité diverses indemnisations pour détresse mentale et perte de revenu, ainsi que des dommages-intérêts punitifs.

L’Église, qui a passé des années à nier sa responsabilité, a reconnu sa faute le jour de l’ouverture du procès devant jury, en Cour supérieure. En conséquence, le seul enjeu était le montant de la compensation à verser à la victime.

Colin Perkel, La Presse canadienne