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Élections fédérales: une bataille idéologique en vue sur l’équilibre budgétaire

Élections fédérales: une bataille idéologique en vue sur l’équilibre budgétaire
Photo: THE CANADIAN PRESS/Justin TangJustin Trudeau

OTTAWA — À l’approche des élections fédérales de cet automne, les libéraux et les conservateurs se préparent à une bataille idéologique opposant les mérites de l’équilibre budgétaire et ceux des déficits pour assurer la confiance des consommateurs — et un nouveau sondage suggère que de nombreux Canadiens sont d’accord avec les deux.

Un nouveau sondage Léger a été réalisé pour La Presse canadienne cette semaine peu de temps après le dévoilement du budget fédéral, qui promet des milliards de dollars en nouvelles dépenses, notamment sur la formation, les services aux aînés et les incitatifs aux acheteurs d’une première maison.

Le budget laisse également dans les coffres du gouvernement un déficit annuel moyen d’environ 18 milliards $ au cours des quatre dernières années, loin des déficits modestes et de l’équilibre budgétaire promis par le premier ministre Justin Trudeau lors de la campagne électorale de 2015.

Les libéraux soutiennent que les dépenses sont nécessaires pour faire une réelle différence dans la vie des Canadiens, tandis que les conservateurs accusent le gouvernement de gaspiller de l’argent et d’endetter inutilement les générations futures.

Le sondage Léger suggère toutefois que les deux messages retentissent auprès des Canadiens. Si un pourcentage important de répondants ont convenu que les déficits des libéraux étaient mauvais, beaucoup ont également exprimé leur soutien aux mesures centrales présentées dans le budget de mardi.

Environ 44 pour cent des personnes interrogées ont dit croire que la décision de gérer quatre années de déficits n’était pas le bon choix, alors que 20 pour cent jugent qu’il s’agit d’une bonne décision. Cependant, 35 pour cent des répondants n’étaient pas certains.

Une bonne majorité de répondants ont aussi témoigné leur soutien envers des mesures coûteuses contenues dans le budget, dont le projet d’élargir l’accès à internet à haute vitesse dans les régions isolées et mal desservies du Canada — une majorité écrasante de 76 pour cent a appuyé cette mesure. Les Canadiens sondés étaient aussi fortement en accord avec les mesures de formation pour les travailleurs.

Les mesures budgétaires destinées à faciliter l’achat de leur première maison à un plus grand nombre de familles canadiennes ont obtenu un taux d’approbation de 68 pour cent, tandis que 55 pour cent ont applaudi les incitatifs financiers proposés pour favoriser les ventes de véhicules électriques.

Quant au budget lui-même, 12 pour cent des personnes interrogées se sont déclarées satisfaites, tandis que 19 pour cent ont estimé le contraire. Le reste des répondants étaient incertains ou neutres — un ensemble d’indécis que les partis vont forcément courtiser avant le mois d’octobre.

Selon Christian Bourque, vice-président exécutif et associé chez Léger, les libéraux martèleront qu’il est nécessaire de faire des déficits pour aider l’économie. De leur côté, les conservateurs tenteront de dire que cette stratégie ne fonctionne pas, a-t-il ajouté.

Ainsi, selon M. Bourque, il sera beaucoup plus question de la gestion des finances publiques que du budget dans les prochaines semaines, et cela risque d’être un enjeu électoral.

Le sondage Léger a été mené sur le web les 19 et 20 mars auprès de 1529 Canadiens recrutés à partir d’un panel. Les experts en recherche et en méthodologie jugent qu’il est impossible d’attribuer une marge d’erreur à un sondage réalisé en ligne puisque la méthode d’échantillonnage est non probabiliste.

Lee Berthiaume, La Presse canadienne