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Un matelas d’incubateur pour réduire la douleur chez les prématurés

Un matelas d’incubateur pour réduire la douleur chez les prématurés
A premature baby on Calmer is shown in a handout photo. Researchers in British Columbia have designed a "robot" to help premature babies cope with painful procedures by mimicking skin-to-skin contact with a parent. The rectangular platform fits inside an incubator and is programmed with information on a parent's heartbeat and breathing motions. THE CANADIAN PRESS/HO-University of British Columbia MANDATORY CREDIT

VANCOUVER — Des chercheurs de la Colombie-Britannique ont conçu un robot qui aide à réduire la douleur chez les bébés prématurés en simulant le contact «peau à peau» avec un parent qui ne peut pas être disponible 24 heures sur 24, pendant plusieurs semaines, à l’unité néonatale des soins intensifs.

L’inventrice principale et ergothérapeute Liisa Holsti explique que l’appareil nommé «Calmer» se présente comme une plateforme rectangulaire qui remplace le matelas dans l’incubateur. Ce matelas est programmé avec certaines informations d’un parent sur son rythme cardiaque et son mouvement de respiration.

Le matelas descend et remonte alors pour imiter la respiration d’un parent, et un battement de coeur est audible à l’extérieur de l’appareil, explique Mme Holsti. En plus, le revêtement du matelas imite la peau humaine.

Le but est d’aider les bébés à lutter contre la douleur par le toucher, au lieu de la prise de médicaments, lorsqu’ils sont exposés à de multiples procédures cliniques comme les prises de sang, qui peuvent être effectuées plusieurs fois par jour pendant plusieurs semaines.

Un essai clinique portant sur 49 nourrissons nés prématurément — entre 27 et 36 semaines de grossesse — au «BC Women’s Hospital» a conclu que le «Calmer» procurait des avantages similaires au contact humain en réduisant la douleur lors des prises de sang. Les résultats de l’étude, menée entre octobre 2014 et février 2018, ont été publiés cette semaine dans la revue scientifique «Pain Reports».

Mme Holsti, titulaire de la chaire de recherche du Canada en santé et développement néonatal, maintient que c’est le contact d’un parent ou d’un soignant qui est le plus apaisant pour le nourrisson: le «Calmer» n’est pas destiné à remplacer ce contact, précise-t-elle. En travaillant avec des étudiants en génie de l’Institut de technologie supérieure de la Colombie-Britannique, elle a d’ailleurs délibérément décidé que le prototype ne devrait pas ressembler à un être humain.

«Chaque année, environ 30 000 bébés naissent prématurément au Canada seulement. J’espère donc que nous aiderons tous ces bébés avec « Calmer »», a-t-elle indiqué.

À la fin des années 1960, les scientifiques ont estimé que les bébés ne ressentaient pas la douleur, mais on admet de plus en plus aujourd’hui qu’ils y sont plus sensibles que les enfants plus âgés ou les adultes, car leurs mécanismes inhibiteurs de la douleur ne sont pas complètement développés, a déclaré le docteur Ran Goldman, spécialiste de la douleur depuis une vingtaine d’années à l’Hôpital universitaire pour enfants de la Colombie-Britannique, mais qui n’a pas participé au développement du «Calmer».

«Des recherches ont démontré que les nouveau-nés qui souffraient de la douleur conservaient cette mémoire plus tard et réagissaient différemment lorsqu’ils ressentaient de la douleur.»

La Presse canadienne