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L’ONU demande au Canada de prolonger de trois mois sa mission au Mali

L’ONU demande au Canada de prolonger de trois mois sa mission au Mali
A Canadian Armed Forces soldier provides security as Canadian Prime Minister Justin Trudeau arrives on the United Nations in Gao, Mali, Saturday December 22, 2018. The United Nations is formally asking Canada to extend its mission in Mali in what appears to be a last-ditch effort to prevent a gap in the provision of life-saving medical evacuations for wounded peacekeepers.THE CANADIAN PRESS/Adrian Wyld

OTTAWA — Les Nations unies ont officiellement demandé au Canada de prolonger sa mission au Mali dans ce qui semble être un ultime effort pour éviter une interruption dans les services d’évacuations médicales pour les soldats de la paix et le personnel onusien.

La demande de l’ONU est contenue dans une lettre envoyée au gouvernement fédéral à la fin du mois de février, après des mois d’appels du pied plus discrets, auxquels Ottawa a toujours résisté jusqu’ici.

Cette démarche est quelque peu inhabituelle, car de telles demandes officielles ne sont formulées que lorsque l’ONU estime qu’elles ont de bonnes chances de réussir, ce qui est tout sauf certain dans ce cas.

Cependant, la présence d’une demande officielle accroît également la pression exercée sur le Canada pour qu’il accepte la demande, alors que le gouvernement — et le premier ministre Justin Trudeau lui-même — a minimisé l’interruption de services.

Le moment choisi est également significatif, étant donné que l’ONU organise un sommet important sur le maintien de la paix à New York la semaine prochaine — le premier du genre depuis que le Canada a organisé un événement similaire à Vancouver en novembre 2017.

Le Canada dispose de huit hélicoptères et de 250 militaires au Mali, où ils ont procédé à des évacuations médicales d’urgence et transporté des troupes et du matériel sur une vaste étendue de ce pays africain.

Le contingent doit mettre fin à ses opérations à la fin du mois de juillet, avant l’arrivée d’une force roumaine.

Les Roumains ne doivent pas commencer leurs opérations avant le 15 octobre, ce qui signifie qu’il faudra combler une interruption d’environ deux mois et demi.

Dans sa lettre du 28 février, dont certaines parties ont été lues à La Presse canadienne, l’ONU «demande aimablement au gouvernement du Canada d’envisager une brève prolongation de sa contribution».

Plus précisément, les Nations unies appellent le Canada à poursuivre ses opérations complètes jusqu’au 15 septembre, et de maintenir des activités limitées jusqu’au 15 octobre.

La lettre non signée poursuit en affirmant qu’une «telle approche permettra de combler l’écart» jusqu’à ce que le contingent roumain puisse commencer ses opérations.

L’ONU voulait une réponse vendredi. Un responsable de l’ONU, qui a requis l’anonymat en raison de sa sensibilité diplomatique, a déclaré que le gouvernement fédéral avait depuis demandé une prolongation de deux semaines.

Des représentants de la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, qui devrait assister au sommet sur le maintien de la paix de la semaine prochaine à New York, n’ont pas immédiatement répondu aux messages de La Presse canadienne.

Le gouvernement fédéral avait déjà suggéré à l’ONU de combler cette interruption avec des hélicoptères civils, comme elle l’a fait par le passé.

«Nous sommes confiants, et les Nations unies nous disent que l’enjeu de l’interruption n’est pas un problème», a affirmé M. Trudeau lors d’une visite au Mali en décembre.

Mais l’ONU soutient qu’une courte prolongation de la participation canadienne serait plus économique et soutiendrait mieux la mission, car les hélicoptères civils ne peuvent pas fonctionner dans les mêmes conditions que les appareils militaires.

Les contrats d’hélicoptères civils au Mali coûtent environ un million de dollars par mois, a déclaré un responsable de l’ONU. Et les hélicoptères civils ne sont pas non plus en mesure de fournir le même niveau de traitement médical complet que celui offert par les Canadiens. Ils sont également plus limités en ce qui concerne le moment où ils peuvent opérer.

Lee Berthiaume, La Presse canadienne