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Une nouvelle stratégie sur le marché immobilier: la vente aux enchères en ligne

Une nouvelle stratégie sur le marché immobilier: la vente aux enchères en ligne
A house at 39623 Old Yale Road in Abbotsford, B.C. is shown in a handout photo. An online auction for a luxury home in nearby Abbotsford, B.C., is drawing attention for its novel approach, which some observers say has potential to inspire new sales even if it doesn't have any notable impact on the housing landscape. Bidding opens Tuesday on the 12-bedroom, 10-bath restored train power station listed as the "Sumas Powerhouse," which previously sold for $5 million. THE CANADIAN PRESS/HO-Concierge Auctions MANDATORY CREDIT

Une maison luxueuse d’Abbotsford, en Colombie-Britannique, sera vendue à l’occasion d’une enchère en ligne. Cette méthode novatrice attire l’attention des observateurs, car elle pourrait bien lancer une nouvelle tendance.

Les enchères commenceront mardi. L’enjeu: une ancienne gare restaurée comptant 12 pièces et 10 salles de bains. Le demandeur demandait précédemment 5 millions $. La valeur de la maison est 2,2 millions $, selon le rôle d’évaluation de la Colombie-Britannique.

Il s’agit d’une des trois propriétés canadiennes répertoriées sur le site internet de la firme mondiale Concierge Auction. Selon un communiqué de presse de l’entreprise, la vente est réalisée en coopération avec Re/Max. On vise une clientèle chinoise.

Le directeur des ventes chez Concierge Auction, Scott Pate, explique que les enchères sont un moyen pour donner plus de certitude aux vendeurs. Il rappelle que le marché de l’immobilier de luxe est favorable aux acheteurs depuis un certain temps aux États-Unis et au Canada.

«Nous allons amener le marché à cette vente au lieu de la manière habituelle de vendre une maison. Habituellement, on place la propriété sur le marché et on attend une offre, ce qui peut prendre plusieurs années, souligne-t-il. Le marché sera motivé par la crainte de rater une occasion. Comme cette enchère va se terminer à un moment précis, elle suscite beaucoup d’intérêt.»

Les enchères immobilières sont courantes en Australie et en Nouvelle-Zélande, mais le modèle est moins répandu au Canada.

En 2016, un agent immobilier de Victoria a expérimenté l’approche. Il avait organisé une enchère pour une propriété située dans un quartier chic de la ville. Il avait même invité un pianiste. Même si les médias locaux avaient rapporté que 60 personnes s’étaient présentées, une seule d’entre elles souhaitait acheter le manoir. La vente aux enchères avait été annulée.

Pour le directeur du Centre de l’économie urbaine et de l’immobilier de l’Université de la Colombie-Britannique, Tom Davidoff, les enchères en ligne ne sont pas différentes de la manière dont les transactions immobilières sont réalisées, surtout s’il y a plusieurs acheteurs intéressés.

Il croit que plusieurs acheteurs pourraient adopter ce modèle au pays. «Cela pourrait certainement être une direction que le marché pourrait prendre. Dans les segments où le marché est lent aujourd’hui, les gens vont essayer différentes approches pour mousser le produit.»

Mais en même temps, il ne croit pas que cela aura des répercussions sur le prix des maisons ou sur la concurrence. «Cela n’aura aucun impact sur le marché en général», affirme M. Davidoff.

David Steinfeld, cofondateur d’une firme qui propose des ventes par enchères en ligne, dit que cette méthode permet aux acheteurs de surmonter certaines frustrations engendrées par les enchères silencieuses existant dans le système traditionnel.

Selon lui, le prix de départ est le facteur le plus important pour une vente aux enchères réussie dans l’immobilier, car il peut inspirer des offres concurrentielles.

Si le vendeur a des attentes déraisonnables quant à la valeur marchande de sa propriété, la vente aux enchères n’est pas un bon choix, juge-t-il.

«Nous avons constaté que dans des conditions de marché favorables comme dans des conditions défavorables, cela pouvait fonctionner. Cela se résumait en fait à une stratégie de prix appropriée», souligne M. Steinfeld.

Amy Smart, La Presse canadienne