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Québec n’a pas encore chiffré les coûts du programme Accès UniQc

Québec n’a pas encore chiffré les coûts du programme Accès UniQc
Photo: La Presse canadienneEric Caire

Québec légifère en vue d’implanter un guichet unique permettant aux contribuables d’accéder à plusieurs services du gouvernement à l’aide d’un seul mot de passe. 

Mais au moment de déposer sa pièce législative, jeudi, le ministre délégué à la Transformation numérique gouvernementale, Éric Caire, n’était pas en mesure de chiffrer les coûts de ce programme, baptisé Accès UniQc.

Pourtant, son objectif est de le mettre en place d’ici un an. «S’il y a une chose que je ne ferai pas, c’est d’anticiper les coûts», a-t-il déclaré en point de presse.  

Le Québec consacre annuellement des sommes considérables dans le domaine des ressources informationnelles. À titre d’exemple, 3,2 milliards $ ont été consentis par l’ensemble des organismes de l’administration publique en 2017-2018, indiquent des documents budgétaires.

Jeudi, Éric Caire s’est défendu de garder les contribuables québécois dans l’ombre au sujet du coût du programme Accès UniQc. «C’est quoi le problème?» s’est-il exclamé, en disant attendre l’évaluation de ses fonctionnaires.

Il a présenté le projet de loi 14, qui vise à rendre possible le partage d’informations entre les ministères et organismes. Il s’agit de l’un des premiers jalons de la transformation numérique promise par son parti en campagne électorale.

À l’heure actuelle, un citoyen qui veut remplir sa déclaration d’impôts en ligne, et consulter son carnet santé, doit fournir deux fois ses informations d’identité, d’adresse et de contact.

«Toutes les prestations de services du gouvernement, c’est la même chose, donc un moment donné, je veux dire, j’ai besoin d’un carnet juste pour me souvenir des codes d’usager et des mots de passe», a illustré le ministre.  

Le projet de loi lèverait certaines barrières, selon lui, afin de faciliter la mise en place de services numériques plus conviviaux et mieux adaptés aux besoins des Québécois.      

Il garantit la protection des renseignements personnels à toutes les étapes de la réalisation de projets numériques. Seuls les organismes publics spécialement désignés par le gouvernement seront autorisés à partager des renseignements personnels entre eux.  

Selon M. Caire, l’objectif du gouvernement à long terme est de modifier la Loi d’accès à l’information. «On était dans un mode où chaque ministère et organisme gérait sa petite patente comme un coffre-fort, puis on a créé des dizaines et des dizaines de coffres-forts qui ne se parlent pas entre eux», a-t-il expliqué. 

«Aujourd’hui, moi ce que je dis, c’est qu’il faut changer le paradigme. Il faut que la Loi d’accès à l’information confirme que la donnée appartient aux citoyens, que le gouvernement du Québec en est le fiduciaire, puis que les ministères et les organismes en sont des utilisateurs.»

Caroline Plante, La Presse canadienne