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Grenville-sur-la-Rouge: on a dit au maire que le barrage avait cédé

Grenville-sur-la-Rouge: on a dit au maire que le barrage avait cédé
Photo: LA PRESSE CANADIENNE/Ryan RemiorzDes résidents de Grenville-sur-la-Rouge, se demandent à quel moment ils pourront rentrer chez eux.

GRENVILLE-SUR-LA-ROUGE, Qc — Un vent de panique a soufflé sur Grenville-sur-la-Rouge lorsque le maire de la petite municipalité des Laurentides a été informé jeudi après-midi que le barrage Chute-Bell avait cédé. Heureusement, c’était faux. Le barrage est toujours en place, mais il est fragile, et Hydro-Québec ne peut plus assurer son intégrité.

Le maire de Grenville-sur-la-Rouge, Tom Arnold a raconté à La Presse canadienne qu’il a eu l’impression que son cœur s’était arrêté vers 14 h 30 jeudi, après avoir été informé que le barrage Chute-Bell s’était rompu.

«Le directeur des incendies de la municipalité m’a appelé pour me dire que la Sécurité publique lui avait dit que le barrage avait cédé. J’ai alors dit à mes gars qu’un mur s’en venait et qu’il fallait se grouiller. Quand on se fait dire une telle chose, le cœur arrête, et pendant un instant, on voit tous les visages de ces gens qu’on connaît», a-t-il raconté.

Après avoir reçu cette information, Tom Arnold dit avoir commencé, avec l’aide d’employés de la municipalité, à évacuer des résidants.

«Mais on a constaté, visuellement, que le barrage était toujours là».

Le maire n’a pu expliquer pour quelle raison cette information erronée était parvenue à ses oreilles, mais il a offert cette explication. «Dans l’urgence, il y a parfois de fausses informations qui circulent.»

Mais ce n’est pas parce que le barrage tenait toujours en soirée jeudi que la situation n’est pas critique.

À 16 h 30, des représentants d’Hydro-Québec ont informé Tom Arnold, que «l’intégrité physique du barrage n’était plus assurée».

La Sûreté du Québec a déployé, en fin d’après-midi, des dizaines d’agents, des bateaux, des véhicules tout-terrains et des hélicoptères pour assurer l’évacuation de plusieurs dizaines de personnes.

Parmi elles, Denise Audet et son mari Martin Audet revenaient de faire des courses au centre commercial lorsqu’ils ont entendu des policiers crier qu’il fallait évacuer.

«Ils nous ont dit qu’on n’avait pas de temps de faire nos bagages et qu’il fallait quitter parce que le barrage allait peut-être céder», a dit Denise Audet, en ajoutant qu’elle n’a «pas eu le temps d’avoir peur» tellement tout s’est déroulé rapidement.

Vers 20 h, après avoir rencontré les autorités à l’hôtel de ville afin de s’enregistrer, le couple Audet a pris la direction de l’aréna de Lachute, qui doit accueillir les sinistrés pour passer la nuit.

Selon le maire Tom Arnold, même si le barrage tient le coup, les sinistrés ne pourront revoir leur résidence avant plusieurs semaines.

Questionné à savoir s’il croyait que le barrage allait tenir le coup, le maire a répondu: «Je n’ai pas confiance, le pire reste à venir.»

Stéphane Blais, La Presse canadienne