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Ottawa injecte 7,5 M $ in extremis dans Téléfilm Canada

Ottawa injecte 7,5 M $ in extremis dans Téléfilm Canada
Photo: Adrian Wyld/La Presse canadiennePablo Rodriguez ministre du Patrimoine canadien.

OTTAWA — Téléfilm Canada peut souffler, pour l’instant. Le ministre du Patrimoine canadien, Pablo Rodriguez, lui a accordé une somme non récurrente de 7,5 millions $ pour la mise en production de films francophones dans la prochaine année.

À cette somme s’ajoutent 2,5 millions $ que Téléfilm Canada a réussi à dégager de ses budgets. Cela porte à 10 millions $ les nouveaux fonds pour financer des productions en 2019-2020.

M. Rodriguez en a fait l’annonce jeudi après-midi à Montréal en compagnie de la directrice de Téléfilm Canada, Christa Dickenson, et des représentants de l’industrie du cinéma.

Ce revirement de situation survient quelques jours après que Téléfilm eut congédié trois de ses directeurs sans préciser le motif de ces départs.

Dans une lettre obtenue par La Presse canadienne, l’industrie a applaudi la réaction rapide du ministre, qui a permis de sauver des films et les emplois qui sont liés.

«Votre leadership a permis de solutionner une partie de cette crise et nous souhaitons que Téléfilm Canada en soit inspiré pour en faire autant», peut-on lire.

La productrice Denise Robert, qui était présente à la rencontre, fait valoir que c’est la première fois en 20 ans qu’il y a une telle injection «d’argent nouveau» dans les productions de long-métrage.

Elle est tout de même d’avis qu’il faut moderniser les méthodes de financement pour éviter qu’une telle situation d’urgence ne se reproduise.

«Moi, quand je fais un film, je ne le fais pas en un an. Ça me prend un an et demi, deux ans… Parfois, il y a des films qui prennent trois ans. Donc, il faut que les programmes s’ajustent aux cycles saisonniers des films.»

Le ministre Rodriguez a également annoncé deux nouveaux membres au conseil d’administration. Robert Spickler, bien connu dans le milieu culturel, a été nommé président, et Karen Horcher, une comptable agréée, y siégera comme membre.

Téléfilm Canada fera appel à un vérificateur externe indépendant afin d’examiner le processus de financement de l’organisme et de recommander les changements nécessaires pour assurer sa pérennité.

Le temps était compté pour le financement 2019-2020, puisque la SODEC doit annoncer son soutien vendredi à des productions de langue française. Téléfilm Canada devait être en mesure d’emboîter le pas et de garantir du financement à son tour.

De nombreux Québécois prendront ensuite le chemin du festival de Cannes, la semaine prochaine, pour tenter d’attirer d’autres investisseurs.

La Presse canadienne