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Entente sur l’acier et l’aluminium: le Canada lève ses tarifs douaniers

Entente sur l’acier et l’aluminium: le Canada lève ses tarifs douaniers

OTTAWA — Le Canada a recueilli plus de 1,27 milliard $ provenant des droits de douane sur les produits américains au cours de la dernière année, et l’entièreté de cette somme ira à l’industrie canadienne de l’acier et de l’aluminium, même si une entente pour mettre fin à cette guerre commerciale a été conclue.

Le Canada et les États-Unis sont effectivement parvenus à un accord, vendredi, prévoyant la levée par Washington des tarifs douaniers sur les importations canadiennes d’acier et d’aluminium imposés, depuis près d’un an, par le président Donald Trump.

L’administration américaine affirmait que ces importations menaçaient la sécurité nationale, tandis que le Canada qualifiait ces surtaxes d’illégales et exigeait leur levée immédiate.

La ratification du nouvel Accord Canada–États-Unis–Mexique (l’ancien ALÉNA) par le Canada dépendait également de la suppression de ces droits de douane.

Le ministre des Finances, Bill Morneau, a par ailleurs annoncé, lundi, que les tarifs douaniers canadiens sur plus de 70 produits américains comme le bourbon, les cartes à jouer, les sacs de couchage, le papier hygiénique, la sauce soja et le ketchup étaient maintenant levés. Le Canada a aussi mis un terme à sa surtaxe appliquée à l’acier et l’aluminium en provenance des États-Unis.

«La suppression des droits de douane est une situation gagnante pour toutes les parties concernées et une excellente nouvelle pour les travailleurs canadiens et américains, pour nos communautés et pour nos économies», a déclaré le ministre Morneau dans un communiqué.

De son côté, Donald Trump a écrit sur Twitter que les agriculteurs américains peuvent maintenant recommencer à faire des affaires avec le Canada et le Mexique.

Des représailles bien sélectionnées

Ottawa avait soigneusement sélectionné ses tarifs douaniers afin qu’ils correspondent à la valeur des tarifs imposés aux entreprises canadiennes aux États-Unis. Ils ciblaient aussi les produits populaires dans les États où le pouvoir était aux mains des républicains ou dans les États où les électeurs pouvaient exprimer leur mécontentement.

Ainsi, le bourbon du Kentucky, l’État d’où provient le chef de la majorité au Sénat, Mitch McConnell, était visé. Les cornichons, les tondeuses à gazon et le yogourt, qui représentent des industries importantes au Wisconsin, étaient ciblés, puisque l’ancien président de la Chambre des représentants, Paul Ryan, est originaire de cet État. Le chocolat et le papier hygiénique, soit les principales exportations de la Pennsylvanie où se trouvent les entreprises Hershey et Scott Paper Company, figuraient également sur la liste, tout comme le jus d’orange de la Floride.

Les tarifs douaniers canadiens prévoyaient aussi une surtaxe de 25 pour cent sur les importations américaines d’acier et de 10 pour cent sur l’aluminium.

Ottawa avait annoncé une aide de 2 milliards de dollars pour aider l’industrie de l’acier et de l’aluminium à faire face à cette guerre commerciale. Les entreprises canadiennes étaient notamment dispensées de payer les droits de douane sur l’acier et l’aluminium si elles ne pouvaient pas s’approvisionner au Canada.

Le premier ministre Justin Trudeau a précisé, vendredi, que ces fonds destinés à aider l’industrie demeureraient en place pour l’instant, malgré la levée des tarifs américains.

Mia Rabson, La Presse canadienne