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Les victimes d’exploitation sexuelle ont des besoins en logement particuliers

Les victimes d’exploitation sexuelle ont des besoins en logement particuliers
Photo: iStock

MONTRÉAL — Fort d’une étude qui démontre que les femmes victimes d’exploitation sexuelle ont besoin d’un type d’hébergement qui leur est propre, l’organisme La Sortie espère pouvoir ouvrir une deuxième résidence pour leur venir en aide.

La résidence de La Sortie est située dans la région de Vaudreuil-Soulanges, à une adresse qui doit rester confidentielle, pour des raisons de sécurité. Elle vient en aide aux femmes qui veulent quitter l’industrie du sexe, qu’il s’agisse de prostituées ou de danseuses, par exemple.

Pour ces femmes, «la résidence est souvent une première étape pour sortir du milieu», a expliqué au cours d’une entrevue, mercredi, Ronald Lepage, directeur général de La Sortie.

C’est une constatation que confirme la spécialiste en criminologie Maria Mourani, qui a réalisé l’étude pour le compte de La Sortie auprès de 548 femmes de 17 ans et plus qui ont été ou sont encore dans l’industrie du sexe.

Ces femmes victimes d’exploitation sexuelle, explique Mme Mourani, ne veulent pas demeurer dans une résidence avec des femmes victimes de violence conjugale, par exemple. «Ce que ces femmes-là nous disent, c’est que ce ne sont pas les mêmes réalités, même si les femmes qui sont dans l’industrie du sexe sont victimes de violence sexuelle. Elles n’ont pas les mêmes besoins et il y a le jugement aussi. Ces femmes-là me disent qu’elles ne sont pas à l’aise d’être dans ces maisons d’hébergement-là, parce qu’elles se sentent jugées. C’est leur façon de voir les choses; ça se peut très bien qu’elles ne soient pas jugées, mais c’est ce qu’elles ressentent», a rapporté Mme Mourani en entrevue.

La Sortie offre justement une résidence de ce type, avec des chambres et des aires communes, où elles peuvent se sentir en sécurité.

L’organisme va aussi sur le terrain pour rencontrer les femmes, les accompagne jusqu’à la pleine indépendance — intégration sociale, aide pour trouver un logement, parcours judiciaire. «Très souvent, si elles n’ont pas de service d’accompagnement, elles ne vont pas chercher les services d’elles-mêmes. Avoir un fil conducteur qui est là du début à la fin, ça fait toute la différence», souligne M. Lepage.

Il aimerait ouvrir une deuxième maison et cette étude l’aidera à étayer les besoins de ces femmes. «Il y a beaucoup de problèmes au niveau de la santé», pour ces femmes, aux plans physique et psychologique. «Elles sont très hypothéquées; elles ont besoin d’aide, besoin de services», relate-t-il.

Lia Lévesque, La Presse canadienne