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Andrew Scheer estime que la survie des médias repose sur le libre marché

Andrew Scheer estime que la survie des médias repose sur le libre marché
Photo: Sean Kilpatrick/La Presse canadienneAndrew Scheer

SAINT-HYACINTHE, Qc — Tout indique que l’aide fédérale aux médias ne survivrait pas à l’élection d’un gouvernement conservateur.

De passage à Saint-Hyacinthe, mercredi soir, pour présenter le candidat Bernard Barré dans la circonscription de Saint-Hyacinthe-Acton, Andrew Scheer a dit préférer «les solutions qui viennent du marché» au programme de 595 millions $ sur cinq ans annoncé par le gouvernement Trudeau.

Le chef conservateur a dit reconnaître que les géants du web récoltent désormais la masse des revenus publicitaires des médias avec les contenus de ces derniers et qu’il fallait «chercher les façons où le gouvernement peut assurer que les gens qui créent le contenu puissent recevoir l’argent».

M. Scheer a toutefois fermé la porte sans hésitation à une taxation des géants du web pour se tourner plutôt vers l’idée d’imposer un partage des revenus: «Il y a d’autres pays qui utilisent les règles pour assurer que si une plateforme comme Facebook ou Google vend des publicités, ils doivent s’assurer que les créateurs de contenu reçoivent une partie des revenus», a-t-il dit.

Interrogé sur la possibilité d’utiliser la Loi sur les droits d’auteur pour forcer un tel partage, M. Scheer a démontré qu’il n’avait pas encore trouvé de solution, mais que celle-ci s’inspirera d’une philosophie non interventionniste: «On va chercher les mécanismes à utiliser pour assurer que c’est le marché libre qui décide, pas le gouvernement», a dit le chef conservateur.

M. Scheer n’a par ailleurs pas raté l’occasion de répéter de vive voix ce qu’il avait déjà affirmé plus tôt sur le réseau social Twitter, soit son opposition à la présence d’une personne désignée par le syndicat Unifor au sein du groupe indépendant d’«experts» qui décidera des critères d’admissibilité aux nouvelles mesures fiscales.

Unifor est au nombre des huit organisations représentant la majorité des éditeurs de la presse écrite et des journalistes du pays qui ont été chargées par le ministre Pablo Rodriguez de déterminer ces critères, une démarche entreprise justement dans le but de contrer l’argumentaire du Parti conservateur, qui accuse le gouvernement libéral de s’acheter des faveurs des médias à la veille de la campagne électorale de cet automne.

Unifor a déjà annoncé publiquement son opposition aux conservateurs, promettant l’automne dernier d’être «le pire cauchemar d’Andrew Scheer».

«On a vu aujourd’hui que le gouvernement a nommé un syndicat qui a avoué, qui promet de se battre contre les conservateurs et maintenant ce syndicat, Unifor, est sur ce conseil pour décider quelle publication va recevoir l’argent des contribuables. Ça pose beaucoup d’inquiétudes pour les Canadiens» a-t-il soutenu.

«Il a nommé un syndicat qui est toujours contre le Parti conservateur. C’est pas un champ de bataille égal et on a beaucoup d’inquiétudes avec ça», a-t-il ajouté, laissant ainsi entendre que le fait qu’Unifor participe à la sélection d’un membre du groupe d’experts chargé de déterminer les critères de l’aide fédérale pourrait avoir une influence sur le travail journalistique lors de la campagne.

Les sept autres associations chargées de suggérer des candidats pour le groupe indépendant sont Médias d’Info Canada (News Media Canada), l’Association de la presse francophone, Quebec Community Newspaper Association, National Ethnic Press and Media Council of Canada, l’Association des journalistes du Canada, la Fédération professionnelle des journalistes du Québec et la Fédération nationale des communications.

Pierre Saint-Arnaud, La Presse canadienne