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La patience est de mise pour le rétablissement de la morue du nord

La patience est de mise pour le rétablissement de la morue du nord
Photo: AP

SAINT-JEAN, T.-N.-L. — Une approche lente et soutenue dans le rétablissement des stocks de morue du nord pourrait entraîner une forte hausse de l’emploi dans le secteur des pêcheries au cours des dix prochaines années, selon une nouvelle étude.

Le rapport publié jeudi par le groupe Oceana Canada représente l’une des six études de cas élaborées par des économistes de l’Université de la Colombie-Britannique, qui ont examiné plus largement les avantages sociaux et économiques de la reconstitution des pêches au Canada.

D’ici 11 ans, si le contexte environnemental est favorable et que la pêche demeure faible, un rétablissement de la pêche de la morue du nord pourrait permettre de créer 26 000 emplois, soit 16 fois plus qu’aujourd’hui, selon le rapport. L’activité économique générée par la pêche pourrait atteindre 233 millions $, en hausse par rapport au niveau actuel de 33 millions $.

La morue du nord est une «espèce emblématique» extrêmement importante pour les communautés côtières du nord-est de Terre-Neuve et du Labrador, soulignent les économistes.  

Mais bien qu’il s’agisse d’un symbole de richesse et de prospérité, c’est aussi un symbole de dévastation causée par la surpêche, ajoutent-ils.

La pêche commerciale à la morue, qui était autrefois le pivot de l’industrie de la pêche de Terre-Neuve-et-Labrador, s’est effondrée et a été soumise à un moratoire en 1992, mettant des milliers de personnes au chômage et provoquant des manifestations.

Les responsables fédéraux des pêches ont indiqué cette année que le stock avait fait des gains importants au cours des dernières années, mais ont averti qu’il se trouvait toujours dans une situation critique.

Les projections d’Oceana Canada sont cohérentes avec les conseils du ministère fédéral des Pêches et des Océans contenus dans un rapport dévoilé le mois dernier. Le ministère recommandait de garder la pêche «aux niveaux les plus bas» jusqu’à ce que la population ne soit plus dans la zone critique.

Holly McKenzie-Sutter, La Presse canadienne