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La DARPA veut s’assurer que les États-Unis demeurent au premier rang

La DARPA veut s’assurer que les États-Unis demeurent au premier rang
Photo: THE CANADIAN PRESS/Ryan RemiorzLe Dr Justin Sanchez, directeur du Bureau des biotechnologies de la DARPA, lors de la conférence sur la technologie C2 à Montréal.

MONTRÉAL — Justin Sanchez, neuroscientifique à la Defense Advanced Research Projects Agency des États-Unis (DARPA), ne confirmera ni ne niera qu’il travaille sur des projets secrets.

À titre de directeur du bureau de biotechnologie de l’agence, ses recherches portent sur la guérison des soldats qui ont subi des lésions cérébrales au combat.

«Je ne peux pas confirmer une manière ou une autre, parce que cela le révélerait un peu, mais nous faisons partie du ministère de la Défense, a reconnu M. Sanchez après sa présentation à la conférence C2 Montréal, la semaine dernière. Et le ministère de la Défense parraine un grand nombre de (travaux) dans un certain nombre de domaines.»

Sa réponse est aussi énigmatique que les recherches qu’il mène pour l’armée américaine. Toutefois, il admet que les avancées technologiques auxquelles il a participé ont des applications qui vont au-delà de la médecine.

M. Sanchez a pu stimuler la mémoire d’un sujet de recherche en envoyant des impulsions électriques à une partie spécifique de son cerveau. «Nous pouvons le faire aujourd’hui, a-t-il déclaré. Nous avons démontré la preuve du concept. Nous pouvons stimuler le cerveau pour améliorer les performances de la mémoire.»

Dans un mois, le mandat de six ans de M. Sanchez à la tête de l’agence prendra fin. La DARPA a été créée en 1958, un an après que l’URSS eut lancé un satellite dans l’espace. Les Américains voulaient demeurer à la fine pointe des progrès technologiques.

Les quelque 200 employés de la DARPA gèrent des projets de recherche aux États-Unis afin de s’assurer que les Américains ne soient jamais surpris par une technologie adverse. L’agence a contribué à la création de l’internet, des écrans tactiles et du GPS.

«Nous voulons être en avance, toujours en avance, a fait savoir M. Sanchez. Et une partie de notre avance résulte du fait que nous pensons d’une façon différente que les autres.»

La DARPA a suscité d’innombrables théories du complot voulant qu’elle ait créé des super-soldats dans des laboratoires de recherche souterrains, mais pour Carolina Bessenga, cofondatrice de la firme montréalaise Stradigi AI, et M. Sanchez, il ne s’agit là que d’un pur fantasme.

«La communauté scientifique est en général assez éthique, soutient Mme Bessenga qui reconnaît toutefois qu’il est impossible de savoir si ce type de recherche existe dans des pays moins transparents comme la Chine.

M. Sachez refuse de dire si la possibilité d’une domination chinoise dans le domaine des technologies l’inquiétait. «Si la mission est de créer et d’éviter les surprises stratégiques, on ne peut tout simplement pas se concentrer sur un seul pays», souligne-t-il.

Giuseppe Valiante, La Presse canadienne