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Pesticides: le gouvernement Legault surveille une quinzaine d’agronomes

Pesticides: le gouvernement Legault surveille une quinzaine d’agronomes
Photo: Sean Gallup/Getty Images

QUÉBEC — Le gouvernement Legault se questionne sur une quinzaine d’agronomes qui ont prescrit massivement un pesticide controversé tout en étant liés à l’industrie.

Le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, a ainsi réagi, mercredi, aux révélations de son propre ministère devant une commission parlementaire relative à l’impact des pesticides sur la santé publique.

Mardi soir, on apprenait que 15 agronomes avaient fait une «quantité importante de justifications de prescriptions» de l’atrazine en 2018.

Ils auraient des liens avec un distributeur, un vendeur ou un producteur, selon ce qu’a indiqué le sous-ministre Marc Croteau, d’après les renseignements fournis par l’Ordre des agronomes.

«Ça suscite de nombreuses questions», a déclaré M. Charette, en mêlée de presse avant de se rendre au caucus de son parti en matinée à l’Assemblée nationale.

«La beauté de la chose, j’ai la possibilité de parler tous les jours à mon collègue (ministre) de l’Agriculture, pour voir comment appuyer le milieu agricole», a-t-il poursuivi.

Le ministre a aussi dit qu’il était «préoccupant» que des solutions de rechange n’étaient même pas considérées par les agronomes en question. Il n’a pas voulu évoquer de sanctions possibles ou suggérer à l’Ordre de sévir et a plutôt appelé à une réflexion plus large.

«Certains groupes voudraient interdire un produit en particulier, mais si ce produit n’a pas de solution de rechange ou si elle est encore plus néfaste, cela peut avoir des conséquences fâcheuses.»

Les 15 agronomes ont signé près de 50 pour cent des 1500 autorisations d’usage de l’atrazine destinées aux agriculteurs. L’atrazine est un puissant herbicide qui peut contaminer l’eau.

Rappelons que cette commission parlementaire fait suite à l’affaire Louis Robert, cet agronome qui avait dénoncé publiquement l’influence indue de l’industrie dans la recherche, avant d’être congédié par le ministère de l’Agriculture. Cette controverse a déclenché un débat national sur les pesticides et sur la protection des lanceurs d’alerte.

Pas moins de 4100 tonnes d’«ingrédients actifs» de pesticides ont été utilisés au Québec en 2017, selon les plus récentes données, qui montrent une tendance à la baisse sur trois ans.

Patrice Bergeron, La Presse canadienne