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Rareté de main-d’oeuvre: formation pour embaucher des personnes handicapées

Rareté de main-d’oeuvre: formation pour embaucher des personnes handicapées
Photo: Josie Desmarais/Métro

MONTRÉAL — Alors que les employeurs dans plusieurs secteurs d’activités éprouvent des problèmes de recrutement de personnel, le Conseil du patronat et deux organismes spécialisés ont élaboré une formation pour gestionnaires, afin de les outiller pour recruter et intégrer des personnes handicapées dans leur entreprise.

Deux organismes ont ainsi offert leur expertise au Conseil du patronat du Québec: ROSEPH, pour Regroupement des organismes spécialisés pour l’emploi des personnes handicapées, et le CRISPESH, pour Centre de recherche pour l’inclusion scolaire et professionnelle des personnes en situation de handicap.

Jusqu’ici, dans le cadre des campagnes pour pallier à cette rareté de main-d’oeuvre, on a proposé de tenter de retenir les travailleurs d’expérience, de ramener au travail les retraités, d’embaucher davantage d’immigrants, de travailleurs temporaires étrangers. Il faut ajouter à ces clientèles ciblées les personnes en situation de handicap, a plaidé en entrevue lundi Yves-Thomas Dorval, président-directeur général du CPQ.

Plus de 735 000 personnes vivent avec une incapacité plus ou moins prononcée au Québec et, de ce nombre, on estime que 287 000 sont aptes au travail. Ces personnes constituent «un potentiel intéressant pour les employeurs», a souligné M. Dorval.

Ces employeurs, souvent plein de bonne volonté, ne savent pas toujours comment s’y prendre, se demandent quelles questions ils peuvent poser en respectant les droits de la personne, par exemple, ou s’interrogent sur les enjeux de santé et sécurité au travail. La formation vise donc à mieux les outiller.

Cette formation a été offerte depuis environ un an dans plusieurs villes du Québec; une centaine d’employeurs y ont participé, a noté M. Dorval.

Un modèle

L’entreprise de serres Savoura est un modèle en la matière, a souligné M. Dorval. «Ils ont même décidé d’embaucher comme personne responsable de la direction des relations gouvernementales, des relations publiques, une personne qui souffre de paralysie cérébrale, qui est un excellent porte-parole», a-t-il rapporté.

Et Savoura s’est donné comme mission «de doubler, voire tripler dès cette année l’embauche de personnes vivant avec un handicap au sein de l’entreprise», a noté le directeur des affaires publiques et gouvernementales chez Savoura, Marc-André Laurier-Thibault.

Selon M. Dorval, tout le monde y gagne, tant l’employeur que l’employé.

«La plupart des expériences qu’on a sont assez extraordinaires, parce qu’une personne qui a le désir et qui a le potentiel pour travailler, même si elle a des limitations, quand on lui fournit un travail intéressant, cette personne-là devient un travailleur extraordinaire pour un employeur. Elles deviennent plus loyales que n’importe qui d’autre, ce sont des gens qui sont ponctuels, loyaux, intéressés, engagés dans leur travail, parce qu’ils en retirent une grande fierté», rapporte M. Dorval.

Lia Lévesque, La Presse canadienne