National

Enfant mort d’une méningite: un appel 911 a été entendu au procès des parents

Enfant mort d’une méningite: un appel 911 a été entendu au procès des parents
Photo: Todd Korol/La Presse canadienneDavid et Collet Stephan

LETHBRIDGE, Alb. — Le père d’un enfant mort d’une méningite bactérienne a appelé le 911 parce que son fils ne respirait pas, mais il avait d’abord refusé de l’envoyer en ambulance, a-t-on appris mardi au procès des parents albertains de la jeune victime.

David et Collet Stephan sont accusés d’avoir omis de fournir les choses nécessaires à l’existence de leur fils Ezekiel, qui est mort à l’âge de 19 mois en 2012.

Les parents avaient d’abord traité l’enfant avec des remèdes naturels et à base de plantes au lieu de l’emmener chez un médecin.

Il s’agit du deuxième procès du couple.

Les parents avaient été reconnu coupables de cette infraction en 2016, mais leur condamnation avait été annulée par la Cour suprême du Canada, qui avait ordonné un nouveau procès.

Deux appels au 911 ont été diffusés mardi alors que la Couronne exposait ses arguments.

«Mon fils ne respire pas», s’est exclamé David Stephan, qui a eu du mal à donner l’adresse de la maison près de Glenwood, en Alberta.

L’opératrice, Carroll Moore, a demandé au père s’il effectuait des techniques de réanimation. Il a répondu que sa femme s’en occupait.

«Il respire un peu mieux maintenant, a-t-il dit. Il y arrive par lui-même.»

M. Stephan a ajouté que son fils avait été atteint du croup pendant une semaine, mais qu’il s’en était remis.

Le père a conclu en disant qu’il rappellerait s’il y avait un problème.

«Si vous avez besoin de nous, rappelez-nous, d’accord?», a déclaré l’opératrice.

Mme Moore a témoigné qu’une ambulance aurait été disponible pour le garçon, mais puisque le couple a refusé, elle n’a jamais été envoyée.

David Stephan, qui se représente lui-même, a demandé à Mme Moore si ce n’était pas automatique pour eux d’envoyer une ambulance lorsqu’un enfant a arrêté de respirer.

«Est-ce juste de dire que c’est le cas?», a-t-il dit.

«Ce serait le cas si l’appelant n’avait pas refusé l’ambulance», a-t-elle répondu.

M. Stephan en renchéri en disant qu’elle aurait peut-être dû le guider davantage dans sa décision.

«Nous ne nous sommes pas rendus à ce point-là. Vous aviez tellement de misère avec l’adresse qu’au moment où nous avions trouvé la maison, vous avez dit que le bébé respirait», a-t-elle soutenu.

Un deuxième appel

M. Stephan a fait un deuxième appel au 911 environ une demi-heure plus tard alors qu’il conduisait avec sa femme et son fils à l’arrière du véhicule. Il voulait savoir si une ambulance pourrait les rencontrer sur la route.

«Il a cessé de respiré. Il est plutôt léthargique», a-t-il indiqué.

Le répartiteur a demandé de le mettre sur le haut-parleur afin qu’il puisse donner des indications pour la réanimation.

«Quand je respire dans sa bouche, il y a beaucoup de liquide et ça se gargarise», a répondu la mère.

Lorsque la famille a rencontré l’ambulance, l’ambulancier paramédical Ken Cherniawsky a pris la relève. Il a relaté que l’enfant était en mauvaise santé et en arrêt cardiaque.

«Il ne respirait pas. Il n’avait pas de pouls. Sa peau était pâle», a-t-il décrit.

Le garçon est mort plus tard à l’hôpital.

Bill Graveland, La Presse canadienne