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Impossible de savoir si tous les Canadiens reçoivent les alertes d’urgence

Impossible de savoir si tous les Canadiens reçoivent les alertes d’urgence
Photo: Jonathan Hayward/La Presse canadienne

OTTAWA — Le gouvernement fédéral admet qu’il ne peut pas savoir combien de Canadiens reçoivent effectivement les messages d’alerte d’urgence sur leur téléphone cellulaire.

Un porte-parole du ministère de la Sécurité publique a soutenu que le dernier test du système d’alerte, mené au début du mois de mai, avait été un succès.

Le test avait été reporté au Québec et en Ontario à cause des inondations.

Les fournisseurs de services sans fil ont indiqué que la distribution des messages de test sur leurs réseaux avait été réussie. Tim Warmington, de la Sécurité publique, a toutefois convenu qu’à l’autre bout, il n’existait aucun moyen permettant aux fournisseurs de savoir combien de téléphones avaient effectivement reçu le test.

Depuis avril 2018, les fournisseurs de services sans fil doivent transmettre sur les téléphones mobiles de leurs abonnés toute alerte émise par les autorités en cas d’urgence — comme une catastrophe naturelle, un incendie ou un déversement chimique. Sécurité publique Canada rappelle que les gens devraient recevoir les alertes si leur téléphone est allumé et connecté à un réseau LTE. Sur les appareils mis en mode silencieux, l’alerte entrera et sera affichée à l’écran, mais le téléphone ne produira pas de son. Les stations de radio et de télévision sont tenues de diffuser ces alertes depuis 2015.

Des préoccupations concernant les limites de ce système d’alerte sont toutefois apparues cette semaine lorsque de nombreux résidents d’Ottawa ont déclaré qu’ils n’avaient jamais été prévenus de la tornade qui a frappé dimanche soir un quartier de l’est de la capitale. Une partie du problème est que la tempête s’est développée si rapidement qu’elle a frappé avant même que la plupart des alertes ne soient transmises. Mais la ville d’Ottawa — où la tornade a touché terre — n’a jamais été incluse dans la zone où les avertissements ont été émis.

Le système «En alerte» peut être ciblé sur de très petites zones définies par quelques tours de téléphonie cellulaire. Dimanche, les messages ont été transmis aux tours couvrant Gatineau et d’autres secteurs de l’ouest du Québec, ainsi qu’un comté situé au sud et à l’est d’Ottawa.

Erik de Groot, météorologue à Environnement Canada, a expliqué que la tornade de dimanche n’était pas une tempête «classique» — les responsables examinent toujours ce qui s’est passé. On sait que les conditions n’étaient pas propices à la formation d’une tornade: ce n’est que lorsque quelqu’un a aperçu un nuage en forme d’entonnoir près de l’aéroport de Gatineau que des alertes ont été lancées. La décision a ensuite été prise de transmettre l’alerte à Gatineau, à d’autres régions de l’ouest du Québec et aux zones rurales à l’extérieur d’Ottawa.

Par contre, dans le village de Dunrobin, à l’ouest d’Ottawa, où une tornade de catégorie 3 a touché le sol en septembre dernier, des résidants prévenus par le système «En alerte» avaient pu se mettre à l’abri avant que la tempête n’endommage leur maison.

Mia Rabson, La Presse canadienne