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Un nouveau code vestimentaire non genré pour les écoles de Toronto

Un nouveau code vestimentaire non genré pour les écoles de Toronto
Photo: Getty Images

TORONTO — Des enseignants, des militants et certains parents applaudissent le nouveau code vestimentaire de la plus grande commission scolaire du Canada, qui interdit les restrictions fondées sur le genre et vise à uniformiser les règles pour les élèves.

La politique du Conseil scolaire du district de Toronto (CSDT), qui entrera en vigueur en septembre, ne comporte que quelques restrictions: les élèves doivent couvrir leurs mamelons, leurs fesses et leur zone pubienne avec un tissu opaque, le couvre-chef ne peut dissimuler le visage de l’élève et les vêtements ne peuvent faire la promotion d’activités criminelles ou haineuses.

Le changement a attiré l’attention d’Alexi Halket, qui a fait la une des journaux alors qu’elle était en 12e année, en 2015. L’adolescente et des dizaines de ses camarades de classe s’étaient rendues à l’école vêtues de hauts très courts laissant entrevoir leur nombril, afin de protester contre le code vestimentaire.

Elle avait été emmenée dans le bureau du directeur pour avoir porté un haut qui ressemblait un peu à un soutien-gorge de sport et elle avait manqué ses cours pendant qu’elle se faisait réprimander.

«Le fait qu’ils aient écouté ce que nous disions et qu’ils se soient dit: « Oh, ces enfants ont raison » et qu’ils aient apporté un changement positif au code vestimentaire, ça me fait vraiment plaisir», a déclaré la musicienne aujourd’hui âgée de 22 ans.

En vertu de l’ancienne politique, le conseil proposait un modèle de code vestimentaire général, mais chaque école avait ses propres règles. Certaines avaient des directives différentes pour les garçons et les filles. Certaines écoles interdisaient les camisoles, les sous-vêtements visibles et les couvre-chefs non religieux.

Ken Jeffers, gestionnaire principal pour une culture systémique équitable et inclusive au CSDT, a déclaré que la situation devait changer.

M. Jeffers, qui a aidé à superviser les consultations ayant conduit à la nouvelle réglementation à l’échelle du CSDT, a expliqué que les administrateurs avaient décidé d’agir lors d’une réunion, en mai 2018.

«Les élèves racontaient aux administrateurs des histoires incroyables d’expériences négatives liées à l’application du code vestimentaire», a-t-il raconté.

Réactions partagées

Plusieurs parents ont exprimé leur soutien envers le nouveau code vestimentaire.

«(Je suis) tellement fier que Toronto lance la tendance! En espérant que les autres conseils scolaires emboîteront le pas», a écrit un parent en ligne.

Certains parents ont toutefois déclaré que les nouvelles directives pourraient conduire à la sexualisation des jeunes — principalement des filles — à l’école.

«Sur le plan anatomique, les garçons et les filles sont complètement différents. Les seins sont malheureusement sexualisés. Pour les garçons prépubères et pubères de 14 à 18 ans, vont-ils s’énerver de voir un peu de décolletés? Très probablement», a déclaré Marianne Drummond.

La femme de 28 ans, qui a une belle-fille de huit ans et une fille d’un an, a déclaré que son partenaire et elle avaient l’intention d’envoyer leur plus jeune dans une école catholique pour cette raison.

«Elle va porter l’uniforme et c’est tout. Elle pourra porter une tenue décontractée une fois par mois», a-t-elle indiqué.

Nicole Thompson, La Presse canadienne