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Nouvelles accusations contre le père de la fillette morte à Granby

Nouvelles accusations contre le père de la fillette morte à Granby
Photo: Paul Chiasson/La Presse canadienneDes animaux en peluche ont été déposés devant la maison de la petite fille de 7 ans décédée la semaine dernière à Granby.

GRANBY, Qc — Les parents de la fillette de 7 ans de Granby décédée le 30 avril dernier au lendemain de sa découverte par les policiers dans des circonstances troublantes étaient devant la Cour, jeudi, dans le cadre des procédures de leur remise en liberté sur le cautionnement.

Il était difficile de savoir si les deux accusés sont conscients ou non de la gravité de leur situation, et ce, malgré le dépôt de deux nouvelles accusations contre le père.

L’homme de 30 ans est demeuré stoïque tout au long de la procédure, baissant parfois la tête, mais il a fréquemment fixé la mère de l’enfant, présente dans la salle bondée du palais de justice de Granby. Même durant son bref témoignage visant à plaider sa cause pour une remise en liberté, dont le contenu ne peut être rapporté en raison d’un interdit de publication, il est demeuré calme, parlant d’une voix faible et dénuée d’émotion.

Cachée derrière sa chevelure

Sa conjointe de 35 ans et belle-mère de l’enfant, qui était présente pour une bonne partie de la journée, est pour sa part demeurée quasi immobile durant l’audience et il était impossible de lire quelque sentiment sur son visage qui est resté caché derrière son épaisse chevelure.

Dans son cas, la demande de remise en liberté a été reportée au 21 juin, mais sa présence jeudi s’expliquait par le fait que les éléments de preuve déposés jeudi sont les mêmes dans son dossier. La jeune femme est accusée de séquestration et de voies de fait graves.

Situation inusitée, un constable était assis entre les deux accusés, ceux-ci n’ayant pas droit de contact.

Le procureur de la Couronne, Me Claude Robitaille, s’est objecté à la remise en liberté de l’accusé, invoquant notamment la bonne administration de la justice et la nécessité de ne pas miner la confiance du public envers la justice, qui sont deux des critères évalués dans les cas de demande de remise en liberté.

Le juge Serge Champoux rendra sa décision lundi, dans ce dossier.

Deux nouvelles accusations 

Le cas de l’homme de 30 ans a été alourdi jeudi par les deux nouvelles accusations portées par le ministère public.

Lui qui faisait déjà face à une accusation de séquestration, se voit maintenant aussi accusé d’avoir omis de fournir les choses nécessaires à la vie de la fillette et d’abandon d’enfant, deux chefs passibles de peines maximales de 5 ans chacun.

L’ensemble de la preuve présentée jeudi fait l’objet d’un interdit de publication.

Le juge Champoux a été très clair en prononçant l’ordonnance, avisant le public que cet interdit ne s’adresse pas qu’aux journalistes, mais bien à tous et qu’elle vise à «protéger l’intégrité du procès» à venir et à «éviter un avortement» de procès.

Le magistrat a averti que ceux qui publieraient des informations sur cette preuve sur les réseaux sociaux ou ailleurs commettraient alors un crime et qu’ils «pourraient être poursuivis et devraient l’être».

L’identité des accusés et de l’enfant fait également l’objet d’un interdit de publication.

La petite fille est morte à l’hôpital peu de temps après la première comparution du couple devant le tribunal, le lendemain du jour où elle a été retrouvée, mal en point, le 29 avril, dans la résidence familiale.

Son décès a provoqué une onde de choc à travers la province, entraînant la création d’une commission spéciale chargée de se pencher sur l’ensemble du système de protection de la jeunesse au Québec.

Pierre Saint-Arnaud, La Presse canadienne