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La création de l’Institut diplomatique du Québec franchit une nouvelle étape

La création de l’Institut diplomatique du Québec franchit une nouvelle étape
Photo: Getty Images/iStockphoto

QUÉBEC — Les contours du futur Institut diplomatique du Québec commencent à prendre forme.

Une nouvelle étape a été franchie jeudi avec l’annonce des neuf universités, chaires et centres de recherche qui assureront la formation des futurs diplomates québécois.

Le gouvernement Legault veut rendre le corps diplomatique québécois plus professionnel, mieux formé pour fonctionner avec aisance dans les organisations internationales et dans un pays étranger.

Actuellement, les diplomates québécois, souvent inexpérimentés au moment de leur nomination, ne reçoivent aucune formation. La plupart des États ont une école spécialisée où l’on enseigne le métier de diplomate, mais pas le Québec.

Des experts universitaires et des diplomates chevronnés viendront bientôt combler cette lacune.

La formation sera obligatoire.

Québec accorde un budget de 6,7 millions $ répartis sur cinq ans, dont 400 000 $ cette année, pour mener à bien ce projet.

«De nombreuses habiletés, comme la gestion d’équipe, les habiletés interculturelles, les technologies et les langues, figureront aussi au curriculum, en plus de la mise à niveau sur les enjeux géopolitiques», indique un communiqué de la ministre des Relations internationales (MRI), Nadine Girault, de qui relèvera l’institut.

On veut s’assurer que toute personne ayant le privilège de représenter le Québec à l’étranger aura le bagage requis pour s’acquitter de ses fonctions avec efficacité, incluant une sensibilité aux enjeux économiques mondiaux. Une expérience professionnelle à l’international sera aussi un atout.

Le MRI ignore encore dans combien de temps pourront débuter les formations. On en est encore à l’étape de consulter les experts universitaires et d’anciens chefs de poste pour constituer un curriculum.

Les formations seront offertes dans l’une ou l’autre des institutions d’enseignement associées au projet et seront réservées aux membres actuels et futurs du corps diplomatique. Il s’agit donc d’un institut «virtuel», en ce sens qu’il ne sera pas installé dans un édifice portant son nom. 

Cette initiative s’inscrit dans la refonte de la politique internationale du Québec, promise par la ministre, qui souhaite donner un accent économique plus marqué au rayonnement du Québec à l’étranger. À cela s’ajoutera la préparation d’une stratégie de conquête des marchés étrangers.

L’annonce de ces initiatives était attendue ce printemps, mais une consultation régionale s’est ajoutée et le calendrier a été revu.

La politique internationale devrait donc être connue à l’automne et la stratégie des marchés étrangers devrait suivre en 2020. 

Les institutions d’enseignement supérieur ayant accepté de s’associer au projet d’institut diplomatique sont l’Institut d’études internationales de Montréal (UQAM), la Chaire Raoul-Dandurand (UQAM), le Centre interuniversitaire de recherche sur les relations internationales du Canada et du Québec (ENAP), l’École supérieure d’études internationales (Université Laval), l’École de politique appliquée (Université de Sherbrooke), le Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal, la Faculté de gestion Desautels de l’Université McGill, l’Université Concordia et HEC Montréal.

Le gouvernement s’engage aussi à sélectionner ses diplomates pour leur savoir-faire et non leur affiliation politique.

Il y aura cependant de notables exceptions en ce qui a trait aux postes les plus prestigieux: les chefs de poste des huit délégations générales — Paris, New York, Londres, Bruxelles, Mexico, Munich, Tokyo et Dakar — continueront d’être choisis directement par le gouvernement.

Le rayonnement du Québec à l’étranger est actuellement assuré par un réseau de 31 représentations installées dans 18 pays.

Jocelyne Richer, La Presse canadienne